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Une étude expérimentale opposant humains et pigeons sur des réalisations multitâches donne des résultats étonnants !

Crédit : burtamus / Pixabay

Jusqu’à maintenant, les scientifiques croyaient le néocortex indispensable à l’établissement de fonctions cognitives chez les mammifères. Pourtant, la découverte d’une capacité multitâches chez des espèces dénuée de néocortex vient remettre en cause cette affirmation : les oiseaux seraient en effet aussi performant que l’Homme dans la réalisation de tâches multiples. 

Le cortex cérébral représente la matière grise du système cérébral. Située à la périphérie du cerveau, elle entoure la substance blanche uniquement composée d’axones, ces faisceaux de fibres neuronales véhiculant l’information nerveuse jusqu’aux neurones. Ces derniers sont justement situés dans la substance grise du cortex cérébral et interviennent dans le traitement des messages nerveux. Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Current Biology apporte de nouvelles informations sur la fonction du néocortex (la couche supérieure du cortex cérébral) dans le processus de cognition.

Crédits : Wikimedia

Sara Letzner, chercheuse à l’Université de la Ruhr (Allemagne), et son équipe ont donc mené une étude expérimentale sur 15 humains et 12 pigeons. Le but de l’expérience était d’enchaîner différentes tâches spécifiques à chaque espèce, et ce, le plus rapidement possible. C’est en millisecondes que se sont différenciées les deux espèces. Pourtant dénués de néocortex, les pigeons ont été plus rapides que les humains, avec une avance minime de 250 millisecondes !

Avoir un cortex cérébral d’une taille plus importante ne serait pas corrélé à une meilleure capacité cognitive, au contraire ! Bien que dénués de néocortex, les pigeons détiennent une densité de neurone six fois plus importante que chez l’homme ! La distance entre deux neurones de pigeons étant 1,82 fois plus courte, l’animal aurait un nombre de neurones beaucoup plus élevé, réparti sur une plus petite surface ! Un cerveau de pigeon contient entre 136 millions et 3,14 milliards de neurones, soit deux fois plus que les primates !

La vitesse de propagation d’un message nerveux entre deux neurones étant similaire chez les deux espèces, cette rapidité cognitive serait donc due à un trajet neuronal beaucoup plus court.

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