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Double ration pour ce trou noir à 900 millions d’années-lumière

Crédits : iStock

Un trou noir supermassif posté à 900 millions d’années-lumière a été surpris (à retardement bien sûr) en train de grignoter deux fois. Cette première peut nous permettre de mieux comprendre ces objets cosmiques étranges que sont les noyaux actifs de galaxies.

Les Noyaux Actifs de Galaxies sont des noyaux de galaxies particulièrement lumineux qui doivent donc être le siège de processus de productions d’énergies particulièrement importants. Ces phénomènes se produisent généralement lorsqu’un trou noir supermassif se met à table en siphonnant la matière environnante. Chauffé à des millions de degrés, le matériau peut parfois briller plus que toutes les autres étoiles de la galaxie réunies. En règle générale, une fois le repas terminé, le trou noir entre dans un état de sommeil apparent et devient sombre (il fait la sieste). Il y a quelques semaines en revanche, une équipe d’astronomes dirigée par Julie Comerford, de l’Université du Colorad, a repéré les restes de non pas un, mais deux repas autour d’un trou noir géant posté au centre d’une galaxie appelée J1354 + 1327, située à environ 900 millions d’années-lumière de la Terre.

Le premier repas de notre monstre cosmique aura laissé place à une sorte d’amas de poussière brillante au sud du centre galactique qui s’est propagé en un cône plumeux d’environ 30 000 années-lumière de long. Une explosion ultérieure aura quant à elle généré un dôme compact de matériau situé à environ 1300 années-lumière au nord du trou noir. En d’autres termes, il s’agissait là des restes de deux repas différents. Les chercheurs estiment par ailleurs que ces deux explosions se sont produites à environ 100 000 années d’intervalle, ce qui relativement rapproché à l’échelle cosmique.

Notons également que J1354 + 1327 dispose d’une plus petite galaxie compagnon située à environ 40 000 années-lumière. Les deux galaxies semblent être reliées par un pont d’étoiles, ce qui suggère qu’elles sont déjà entrées en collision. Ceci pourrait expliquer les deux explosions. L’interaction des deux galaxies aurait permis d’injecter du matériel dans le trou noir central, alimentant ainsi une ou plusieurs périodes d’alimentation.

J1354 + 1327 et sa plus petite galaxie compagnon, plus bas, reliées par un pont d’étoiles, signe que les deux galaxies sont déjà entrées en collision. Crédits : Comerford et coll.

Notre propre Voie lactée possède également un trou noir supermassif central avec d’énormes nuages ​​de gaz et de poussière qui s’étendant bien au-dessus et au-dessous. Connues sous le nom de « bulles de Fermi », ces structures sont probablement également les restes d’un repas passé. Lorsque notre voisine Andromède nous percutera dans environ quatre milliards d’années, il sera peut-être alors temps de repasser à table.

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