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Un crâne vieux de 6 000 ans pourrait appartenir à la plus ancienne victime connue d’un tsunami

Crédits : Mark Golitko / Zalzadore

Un crâne retrouvé à Aitape, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, pourrait appartenir à la plus ancienne victime connue d’un tsunami survenu il y a environ 6 000 ans. Les détails de cette étude ont été publiés dans la revue PLOS ONE.

Ce crâne, vieux de 6 000 ans, c’est le géologue australien Paul Hossfeld qui mit la main dessus en 1929, près de la ville côtière d’Aitape en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’homme n’avait en revanche à l’époque pas pris le temps d’échantillonner les sédiments dans lesquels était enterré le crâne. Près de 90 ans plus tard, de nouvelles recherches menées par Mark Golitko, de l’Université de Notre-Dame, aux États-Unis, suggèrent que ce fragment osseux appartient à la plus ancienne victime d’un tsunami au monde. Les analyses sédimentaires confirment en effet que la zone fut balayée par un violent tsunami à la même époque.

On ne sait pas où Hossfeld a exactement découvert ce crâne ancien mais, selon sa description du terrain faite à l’époque, Mark Golitko et son équipe étaient à peu près sûrs qu’ils se trouvaient à moins de 100 mètres de son emplacement. Les premières analyses sédimentaires faites en laboratoire ont alors révélé la présence d’un grand nombre de restes d’organismes aquatiques unicellulaires appelés diatomées. Ces microalgues sont enfermées dans une paroi cellulaire construite à partir de silice qui permet, après analyses, de comprendre les conditions environnementales qui régnaient à l’époque.

« Ces sédiments dans lesquels se trouvait le crâne d’Aitape présentent des diatomées marines pures », note Mark Golitko. « Cela indique qu’elles ont été inondées par l’eau des océans ». L’analyse était finalement similaire à celle réalisée juste après le passage du dernier tsunami dans la région, en 1998 (près de 2 000 personnes tuées). « Les similitudes géologiques entre ces sédiments et les sédiments déposés lors du tsunami de 1998 nous ont fait prendre conscience que les populations humaines dans cette région sont affectées par ces inondations massives depuis des milliers d’années », poursuit le chercheur. « Après avoir considéré une série de scénarios possibles, nous pensons que l’individu a été tué directement dans le tsunami ».

Après le tsunami du 17 juillet 1998, ressenti jusqu’à cinq kilomètres à l’intérieur des terres, les recherches visant à sauver d’éventuels survivants avaient été stoppées au bout d’une semaine seulement. Les crocodiles se nourrissaient en effet déjà des cadavres, entraînant leur démembrement. Cela pourrait notamment expliquer pourquoi seul le crâne de cet individu a été retrouvé, et non les restes de son corps. Cette étude pourrait par ailleurs permettre aux chercheurs de comprendre comment les populations s’adaptent et prospèrent dans ces régions sujettes aux catastrophes naturelles.

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