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Vaut-il mieux consommer des fruits et légumes cultivés avec des pesticides ou ne pas en manger du tout ?

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La prise de conscience grandissante sur les effets physiologiques et environnementaux engendrés par l’utilisation agricole de pesticide a provoqué d’intenses changements comportementaux chez les consommateurs. Se diriger vers des produits issus d’une agriculture biologique est maintenant devenu une évidence, mais reste difficilement accessible par tous. L’apport de fruits et légumes conventionnels reste-t-il préférable que son non-apport ?

Cela fait maintenant plusieurs années que les autorités sanitaires nous assiègent de slogans et de campagnes préventives sur la consommation conseillée de 5 fruits et légumes par jour. Ce quota suffirait à réduire les risques de maladies cardiovasculaires et à prévenir le développement de cancers, diabète, obésité et diverses autres maladies. Riches en fibres, vitamines et minéraux, les fruits et légumes sont indispensables à la réalisation des réactions métaboliques régissant le maintien et le bon fonctionnement des processus physiologiques de notre organisme.

Or, depuis de nombreuses années, de nouvelles études et recherches menées sur les pratiques de l’agriculture conventionnelle, c’est à dire majoritairement sur l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques, avancent des conséquences physiologiques néfastes à la consommation de fruits et légumes cultivés au sein de système agricole conventionnel. Cependant, vouloir s’en priver pour en éviter les effets néfastes, mais sans complémenter son alimentation par la consommation de fruits et légumes d’origine bio n’est pas forcement une bonne idée.

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D’après Luc Multigner, médecin épidémiologiste à l’Inserm et spécialiste de l’effet des substances chimiques environnementales sur la santé, « il vaut mieux consommer des fruits et légumes quitte à ce qu’ils soient contaminés en pesticides plutôt que s’abstenir d’en consommer. Le bénéfice certain d’un tel apport alimentaire est bien supérieur à un risque hypothétique entraîné par leur contamination en pesticides. » Un trop fort taux en pesticide provoquerait inévitablement une intoxication alimentaire, phénomène pour l’instant impossible dû aux normes sanitaires mises en vigueur.

Le rapport-bénéfice/risque serait donc favorable. Pour tout de même en diminuer les risques, sans forcement avoir recours à des produits biologiques, il serait préférable de se diriger vers des produits issus d’une agriculture raisonnée, ou l’utilisation de pesticides et d’intrants est limitée.

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