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Cet insecte géant nous revient d’outre-tombe

Crédits : Rohan Cleave, Melbourne Zoo

Un insecte géant que l’on pensait disparu depuis les années 20 nous revient finalement d’outre-tombe grâce au travail acharné de dizaines de biologistes. L’espèce Dryococelus australis, un phasme géant également surnommé « homard terrestre », est officiellement toujours présente, un fait confirmé par des tests ADN.

La Pyramide de Ball est une île minuscule située au large de la côte est australienne. Il s’agit en fait d’un gigantesque rocher qui pointe vers le ciel à plus de 560 mètres d’altitude. C’est le lieu de vie idéal pour Dryococelus australis, un phasme géant qui prospérait sur l’île jusqu’à la fin des années 20. Un beau jour, en 1918, un navire de ravitaillement britannique vient perturber l’équilibre des lieux en s’échouant à proximité de l’île, à 600 kilomètres des côtes. Le bâtiment transportait en effet des passagers clandestins : des rats « noirs » européens qui n’eurent aucun mal à rejoindre le rocher. Dryococelus australis vit alors arriver son tout premier prédateur qui ne lui laissa aucune chance.

Dans les années 1960, Dryococelus australis était classifiée parmi les espèces éteintes. Mais était-ce vraiment le cas ? En 1965, des alpinistes entamaient ce qui sera la première ascension réussie de la Pyramide de Ball. À leur retour, ils rapportent avoir vu des cadavres d’énormes insectes dans les rochers. Ils n’avaient aucun échantillon dans leurs bagages et le phasme fut de nouveau mis au rang des oubliés. En 2001, David Priddel et Nicholas Carlile, deux scientifiques Australiens, décidèrent néanmoins de retourner sur place. En explorant la zone durant la nuit, ils tombèrent alors sur plusieurs spécimens bien vivants sous un petit arbuste décharné. Les chercheurs ont alors entamé un programme de conservation et d’élevage et les résultats ont été publiés dans la revue Current Biology.

Crédits : Mikheyev et al., Current Biology

Ils ramenèrent au total deux couples, deux mâles et deux femelles. Le premier couple fut confié à un éleveur de phasmes australien. Il n’a tenu que quelques jours, n’ayant pas réussi à s’acclimater. Le dernier couple fut quant à lui confié au zoo de Melbourne. Après avoir frôlé la mort, les deux spécimens ont finalement pu engendrer une progéniture. Désormais, plusieurs milliers d’œufs sont en cours d’incubation et une population de 700 adultes a pu être reconstruite. Finalement, ce n’est qu’aujourd’hui que des tests d’ADN confirment qu’il s’agit en effet de spécimens de l’espèce D. australis.

C’est donc officiel, mais si nous le savions déjà : D. australis est de retour. Ils pourraient d’ailleurs bientôt être réintroduits sur l’île Lord Howe. Un programme d’éradication des rats devrait y débuter en 2018. L’insecte devrait ensuite pouvoir se reproduire et prospérer dans un habitat beaucoup plus vaste et plus hospitalier. À l’heure actuelle, ils sont toujours considérés comme menacés d’extinction.

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