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75% du miel mondial contiendrait des pesticides néfastes aux abeilles !

Crédits : USDA

En corrélation avec l’utilisation croissante de pesticides dans le domaine de l’agriculture, l’Organisation des Nations Unies nous informait déjà en 2016 de la future disparition de près de 40 % des insectes pollinisateurs (papillons et abeilles). Les abeilles sont indispensables au maintien de la biodiversité et sont responsables de plus de 90 % de la pollinisation mondiale. Aujourd’hui, on découvre de nouveau les importants dégâts provoqués par l’utilisation de pesticides : les 3/4 du miel produit à l’échelle mondiale contiendraient des résidus de pesticides toxiques pour les abeilles.

Même si les concentrations retrouvées sont inoffensives pour l’être humain, elles restent assez élevées pour entraver les fonctions cérébrales des insectes pollinisateurs et ainsi limiter le processus de pollinisation indispensable aux cultures et donc à notre survie. Christopher N. Connolly, le neurobiologiste en charge de l’étude, explique que parmi les 198 échantillons de miels analysés, près de 75 % contiendraient des traces de pesticides et 34 % en détiendraient une concentration assez élevée pour être nocive pour les abeilles !

Ces expositions chroniques aux néonicotinoïdes, la classe de pesticide la plus utilisée à l’échelle mondiale, sont des facteurs intervenant directement dans le déclin de la population des abeilles observé à ce jour. Aujourd’hui, on les sait interdits dans plusieurs pays de l’Union européenne, mais ils restent couramment utilisés dans les états d’Amérique du Nord, en Asie et certains pays d’Europe.

Crédits : skeeze/Pixabay

Les néonicotinoïdes sont des dérivés de la nicotine, une molécule toxique que l’on retrouve principalement dans les plants de tabac. Ils ont pour rôle de provoquer la dégénérescence du système nerveux des insectes et de dérégler le processus de reproduction. Parmi les 198 échantillons de miel étudiés et d’après cinq types de néonicotinoïdes (acétamipride, clothianidine, imidaclopride, thiaclopride et thiaméthoxame) présents dans l’environnement, le scientifique s’est rendu compte que sur les 75 % d’échantillons de miels contaminés, 45 % détenaient au moins deux types de néonicotinoïdes et 10 % en détenaient quatre, voire cinq !

La concentration moyenne de néonicotinoïdes retrouvée était de l’ordre de 56 ng/g, soit une concentration suffisante pour affecter le comportement des abeilles et donc provoquer le déclin, voire la disparition de centaines de colonies.

Article complémentaire sur cette thématique : Un monde sans abeilles est-il possible ?

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