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Le virus zika peut-il devenir une arme contre le cancer ?

Crédits : Centers for Disease Control

Une étude publiée le mardi 5 septembre 2017 révèle que le virus du Zika, qui s’attaque au développement des tissus cérébraux du fœtus, pourrait être transformé en arme contre le glioblastome, un cancer agressif du cerveau.

Silencieuse chez la plupart des personnes infectées, la maladie reste le plus souvent bénigne. Chez le fœtus, transmis à la femme enceinte, le virus pourrait en revanche être à l’origine d’une malformation sévère (la microcéphalie) responsable d’un retard mental irréversible. Il n’existe actuellement pas de vaccin. Mais si nous pouvions dans une certaine mesure profiter de Zika ? Des chercheurs proposent en effet de faire appel au virus pour détruire les cellules du glioblastome résistantes aux thérapies actuelles.

Cette tumeur cérébrale la plus fréquente est fatale pour la plupart des malades dans les deux ans suivant le diagnostic. Le cancer est très agressif et c’est pourquoi des chercheurs ont décidé de vaincre le mal par le mal. Ces derniers ont injecté le Zika ou un placebo d’eau salée dans les tumeurs du cerveau induites de 33 souris. Deux semaines plus tard, les tumeurs étaient nettement réduites dans le groupe de rongeurs traités avec le virus par rapport à ceux ayant reçu le placebo. Et ces souris ont également survécu nettement plus longtemps que celles du groupe témoin si l’on en croit les chercheurs.

L’étude, menée par des scientifiques de l’École de médecine de l’Université de Washington et de l’Université de Californie à San Diego, suggère ici que Zika peut infecter et tuer les cellules souches du glioblastome cultivées à l’extérieur du corps. Étonnamment, ce n’est pas la première fois qu’un agent pathogène est utilisé pour lutter contre ce type de tumeur cérébrale. Plus tôt cette année, des chercheurs ont en effet signalé avoir traité avec succès des glioblastomes chez les rats avec des souches modifiées de la bactérie Salmonella.

Des recherches supplémentaires seront bien évidemment nécessaires avant que ce potentiel nouveau traitement puisse être testé cliniquement. Les scientifiques estiment déjà que le virus devra probablement être injecté directement dans la zone de la tumeur après son ablation. Il s’agit là d’une approche peu conventionnelle visant à traiter le cancer du cerveau. Mais encore une fois, on ne plaisante pas avec un glioblastome.

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