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Et si le vampirisme était une maladie ?

Crédits : iStock

Une nouvelle étude publiée dans le « Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America » (PNAS) vient une nouvelle fois démonter le fameux mythe vampirique : les « vampires » seraient en fait de simples humains atteints d’une maladie du sang ! 

Cette maladie du sang, nommée protoporphyrie érythropoïétique (EPP), détient des symptômes proches du vampirisme. Elle est tout d’abord représentée par une anémie, c’est-à-dire un déficit de globules rouges chez le sujet atteint qui provoque une pâleur et une fatigue conséquente. Elle se manifeste aussi par des irritations cutanées telles que des cloques, des brûlures et même des défigurations cutanées visant la plupart du temps les oreilles et le nez ! Le sujet devient photosensible ne peut plus sortir en plein jour. Seule l’utilisation de transfusions sanguines peut pallier la maladie.

Après de nombreuses recherches, les scientifiques se sont rendu compte que cette maladie était due à plusieurs mutations intervenant dans le processus de production de l’hème. L’hème est une molécule détenant en son centre un noyau de fer. Elle fait partie de l’hémoglobine, une autre molécule intervenant dans le transport de l’oxygène. Pour fabriquer cette première, l’organisme se doit tout d’abord de créer de la porphyrine. Et c’est dans le cas de mutations sur cette molécule qu’une EPP peut se développer !

Crédits : Istock

90 % des cas de porphyrie sont déjà identifiés comme étant dus à une mutation sur le gène FECH, gène codant pour une enzyme intervenant dans l’insertion du fer (l’hème) dans les molécules de protoporphyrine. Une mutation sur ce gène bloque cette insertion et rend alors impossible la production de porphyrine, et donc, d’hémoglobine. La protoporphyrine s’accumule et réagit à la lumière en produisant des molécules endommageant les cellules situées autour : c’est à ce moment que des cloques et brûlures apparaissent.
5 % des malades détiendraient une mutation sur le gène ALAS2 qui affecterait la synthèse de l’hème et les 5 % restants n’avaient jusqu’à aujourd’hui aucun justificatif génétique face à leur maladie.

Mais le rideau tombe ! La recherche publiée dans le PNAS met en avant la découverte d’une nouvelle mutation située sur le gène CLPX. Muté, ce dernier ne peut produire la protéine ClpX, servant elle aussi à la synthèse de l’hème. Protoporphyrine et hème ne peuvent plus s’associer, l’hémoglobine est difficilement produite et le sujet se retrouve en anémie. Le reste des symptômes de l’EEP en découle par la suite.

Ainsi, la science rattrape les mythes et croyances anciens pour y trouver des faits rationnels. Les vampires n’avaient finalement rien d’extraordinaire, ils étaient des humains comme nous tous, mais malades jusqu’au sang.

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