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La mort de Cassini sera-t-elle visible depuis la Terre ?

Crédits : iStock

Le 15 septembre prochain marquera la fin de l’histoire de Cassini, en orbite autour de Saturne depuis 2004. Ce dernier souffle ne manquera pas d’être suivi sur les ordinateurs de la NASA et de l’ESA. Mais le Grand Final de Cassini sera-t-il visible depuis la Terre ?

Après treize années de bons et loyaux services autour de Saturne, la sonde Cassini achèvera ce vendredi sa mission riche en découvertes en se « suicidant » sur Saturne pour ne pas contaminer ses lunes Encelade et Titan susceptibles d’abriter une forme de vie microbienne. Alors que la NASA se prépare à récolter les dernières données renvoyées par la sonde, notamment sur l’atmosphère de Saturne et sur la masse de ses anneaux, de nombreux passionnés se demandent si le dernier souffle de Cassini sera visible depuis la Terre à plus de 1,3 milliard de kilomètres. Business Insider a posé cette question à Linda Spilker, scientifique planétaire à la NASA. Sa réponse : « Ce sera dur, mais je l’espère ».

Pourquoi sera-t-il aussi difficile de voir brûler Cassini ? Cassini plongera en effet dans l’atmosphère extérieure de Saturne à environ 76 000 km/h, ce qui devrait normalement produire des éclats de lumière. Mais il faut savoir que comme le dit la chercheuse, « les parties les plus brillantes de ces rafales ne seront visibles que dans le domaine de l’ultraviolet », cette même longueur d’onde qui vous coûte vos fameux coups de Soleil. « Et parce que la couche d’ozone terrestre absorbe les rayons ultraviolets, tout éclat apparaîtra dramatiquement atténué depuis le sol ». Autre défi : les deux centres de contrôle de Cassini (qu’ils soient aux États-Unis pour la NASA ou en Europe pour l’ESA) ne profiteront pas de l’événement dans l’obscurité de la nuit. Il sera en effet cinq heures du matin aux États-Unis et environ onze heures du matin en Europe. Alors, verra-t-on quelque chose ? « C’est peu probable, mais ça vaut vraiment la peine de regarder », dit la chercheuse.

Le mieux aurait encore été d’assister à la mort de Cassini depuis l’espace où l’atmosphère terrestre et le Soleil ne peuvent interférer. C’est pourquoi les chercheurs en charge de la mission ont demandé à réquisitionner Hubble pour l’occasion. Mais le télescope a un planning très chargé. D’autant que la seconde plongée de Cassini a révélé une atmosphère extérieure de Saturne beaucoup plus étendue qu’on ne le pensait auparavant. Les gaz épais ont en effet ralenti la sonde et donc retardé de quelques minutes son « suicide ». Problème, au moment où Cassini s’écrasera, Hubble est censé surveiller une anomalie dans le bouclier protecteur de notre planète du côté de l’Atlantique Sud, où les niveaux de rayonnement et les courants électriques augmentent étrangement.

La chercheuse ne perd pas espoir pour autant et compte bien s’appuyer sur les télescopes terrestres situés dans l’hémisphère sud — notamment ceux situés en Australie ou à Taiwan. Si les conditions le permettent, ces derniers pourraient être assez sensibles pour enregistrer la mort de Cassini. « Peut-être que le dernier réservoir d’essence éclatera soudainement et que nous pourrons le voir depuis la Terre », dit-elle. « Nous pourrions être surpris ».

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