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De la lumière stockée comme du son pour la toute première fois

Crédits : iStock

Une équipe de chercheurs australiens annonce avoir pour la première fois stocké des informations basées sur la lumière à la manière des ondes sonores sur une puce informatique. L’étude, publiée dans Nature communications, constitue une avancée majeure vers la création d’un ordinateur photonique.

Bien que l’information puisse paraître quelque peu étrange, cette conversion est essentielle si nous voulons « franchir une étape » dans le traitement et le stockage de données. Les puces électroniques produisent en effet trop de chaleur, utilisent trop d’énergie et peuvent provoquer des interférences électromagnétiques. Les puces photoniques préviennent au contraire ces risques et permettent aux données de voyager à la vitesse de la lumière, soit vingt fois plus vite qu’avec nos ordinateurs actuels.

« Il s’agit d’une avancée importante dans le domaine du traitement de l’information optique, car ce concept répond à toutes les exigences relatives aux systèmes de communication optique actuels et futurs », se réjouit Benjamin Eggleton, membre de l’équipe. Pour que ces ordinateurs puissent un jour devenir une réalité commerciale, « les données photoniques sur la puce devront néanmoins être ralenties afin qu’elles puissent être traitées, acheminées, stockées et accessibles », explique de son côté Moritz Merklein. En effet, la lumière voyage à une vitesse supérieure de cinq ordres de magnitude par rapport à celle du son : « C’est comme la différence entre le coup de tonnerre et l’éclair », note le Dr Birgit Stiller qui supervise le projet.

La vitesse de déplacement de la lumière présente effectivement d’indéniables avantages (vitesses élevées, pas de chaleur causée par la résistance électronique et aucune interférence des rayonnements électromagnétiques), mais il s’agit ensuite de pouvoir ralentir les ondes lumineuses jusqu’à les transformer en ondes acoustiques. « Construire un amortisseur acoustique dans la puce améliore notre capacité à contrôler l’information à différents ordres de magnitude », explique le chercheur M. Merklein.

L’équipe note également que, contrairement aux tentatives précédentes, le système a fonctionné sur une large bande passante. « Notre système ne se limite pas à une bande passante étroite. À la différence des systèmes précédents, cela nous permet de stocker et de récupérer simultanément des informations à plusieurs longueurs d’onde, augmentant considérablement l’efficacité du périphérique », ajoute le chercheur.

Vous pouvez voir comment cela fonctionne dans l’animation ci-dessous :

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