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Pour faire face aux sanctions, la Corée du Nord serait-elle en train de braquer des bitcoins ?

Crédits : Max Pixel

Une société américaine accuse des hackers nord-coréens d’avoir volé des bitcoins afin de faire rentrer de l’argent dans le pays depuis que celui-ci est davantage impacté par des sanctions économiques provenant de la communauté internationale.

Depuis le 11 septembre 2017, le Conseil de l’ONU a adopté de nouvelles sanctions à l’encontre de la Corée du Nord après les récents événements ayant ébranlé la scène géopolitique mondiale. Des hackers nord-coréens soutiendraient leur régime en s’attaquant au bitcoin, la célèbre monnaie virtuelle dont la Chine tente actuellement de réglementer l’usage.

Le bitcoin, dont la valeur d’une unité est de 2726 euros selon le cours du 15 septembre 2017, est la cible de hackers de Corée du Nord selon la société américaine de cybersécurité FireEye. Dans une publication intitulée Pourquoi la Corée du Nord s’intéresse-t-elle autant au Bitcoin ?, cette société déclare avoir découvert l’an dernier des intrusions en provenance probablement de ce pays, dont le but était de « commettre des cybercrimes contre les banques et le système financier international », une pratique bien différente du classique cyberespionnage.

Les experts de FireEye ont également indiqué avoir observé, entre avril et juillet 2017, « un groupe de hackers soutenu par le régime qui a attaqué au moins trois plateformes sud-coréennes d’échange de bitcoins. » Un de ces sites nommé Yapizon a annoncé avoir été délesté de 3800 bitcoins, soit 10 358 800 euros. Cependant, les autres plateformes n’ont pas déclaré avoir subi de cyberattaques et encore moins précisé les sommes potentiellement dérobées.

Si la Corée du Nord réfute être à l’origine de ces attaques, les spécialistes de FireEye sont pratiquement sûr d’eux, évoquant le fait que les coupables « ont eu recours à une version particulière d’un virus très spécifique qui n’est utilisée à notre connaissance que par un groupe de pirates informatiques nord-coréens. »

Les hackers appartiendraient au groupe Temp.Hermit (ou Hangman), suspect numéro un dans le piratage massif de Sony Pictures Entertainment en 2014 pour avoir financé la comédie « The Interview » mettant en scène le décès de Kim Jong-Un. Selon FireEye, le contexte actuel de sanctions plus fortes envers la Corée du Nord aurait alors réveillé les hackers qui s’étaient faits discrets depuis leur dernier coup d’éclat.

Il s’agit d’un bon moyen de faire de l’argent facilement pour le régime, surtout depuis l’envolée du cours de cette cryptomonnaie depuis le début de l’année 2017. Il faut également savoir que la Corée du Sud héberge une partie des sites d’échange de bitcoins les plus riches de la planète, une proximité idéale pour la Corée du Nord déjà accusée entre 2013 et 2015 par son voisin, des accusations toutefois relatives à des sommes beaucoup moins importantes. FireEye estime qu’entre 3000 et 6000 hackers sont actuellement à la solde du régime.

Sources : MashableNumerama