in ,

On en sait plus sur cette mystérieuse explosion qui illuminait le ciel en 1437

Crédits : K. Ilkiewicz, J. Mikolajewska and M.M. Shara/Nature 2017

En 1437, des astronomes coréens observaient une étoile étonnamment brillante dans le ciel nocturne. Celle-ci est même restée visible pendant deux semaines. S’agissait-il d’une explosion d’étoile ? La réponse est non, car l’étoile est toujours présente et connaît d’ailleurs encore des sursauts d’énergie !

Imaginez-vous à Séoul, il y a près de 600 ans. Vous levez les yeux au ciel et apercevez une étoile qui ne devrait pas être là. Vous l’observez quatorze jours durant puis elle disparaît. S’agissait-il d’une supernova ? Si tel était le cas, la lueur de l’étoile n’aurait jamais disparu en un temps si court. Les éléments fournis par les anciens astronomes ont permis aujourd’hui à une équipe internationale de localiser avec précision la source de ce phénomène céleste. Il s’agissait en fait d’une explosion de type Nova. Une étude publiée dans la revue Nature met en évidence l’emplacement de cette étoile et suggère également que celle-ci subit encore aujourd’hui des éruptions à plus petite échelle.

Une nova est une étoile qui devient très brutalement extrêmement brillante avec une grande augmentation de son éclat qui peut être de l’ordre de dix magnitudes. Cette vive luminosité ne dure que quelques jours et l’étoile reprend ensuite progressivement son éclat initial. Le phénomène se produit dans un système binaire. L’une des deux étoiles est une naine blanche et l’autre est une étoile en voie de devenir une géante rouge. Celle-ci perd de sa masse au profit de la naine blanche. Un disque d’accrétion se forme alors autour de la naine blanche avant de tomber sur l’étoile. Les gaz qui impactent la surface sont alors comprimés et chauffés à des températures de l’ordre de la dizaine de millions de kelvins jusqu’au moment où les pressions et températures deviennent assez grandes pour déclencher une explosion thermonucléaire. C’est cette explosion que les Coréens ont observée. Voici le mécanisme ci-dessous :

Pendant des années, Michael Shara, astrophysicien à l’American Museum of Natural History, a tenté de repérer l’emplacement de l’étoile binaire. Avec son équipe, ils ont d’abord identifié les étoiles des configurations coréennes de l’époque. Dans ce secteur du ciel, ils ont alors trouvé les traces d’une explosion cosmique qui correspondraient bien à l’étoile observée en 1437. « C’est la première nova qui ait jamais été identifiée avec certitude en se basant sur des écrits chinois, coréens et japonais sur une durée de presque 2 500 ans », confirme le chercheur.

La nova et sa coquille éjectée repérée en 2016. Crédits : K. Ilkiewicz, J. Mikolajewska et MM Shara/Nature 2017

L’étoile est par ailleurs toujours active puisqu’en étudiant des plaques photographiques de la première moitié du 20e siècle, les chercheurs ont mis en évidence plusieurs mini-explosions survenues dans ce système double en 1934, 1935 et 1942.

Crédits : Harvard DASCH

Source