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Il y a deux millions d’années, ces araignées traversaient l’océan pour atteindre l’Australie

Crédits : Nick Birks

Il y a deux millions d’années, Moggridgea rainbowi traversait l’océan pour atteindre l’Australie depuis l’Afrique du Sud. C’est une découverte extraordinaire suggérant une espèce à la dérive, mais incroyablement tenace.

Moggridgea rainbowi est une espèce d’araignées mygalomorphes de la famille des Migidae. Cette espèce est endémique d’Australie-Méridionale et se rencontre principalement sur l’île Kangourou. Ces dernières vivent tranquillement sous terre, attendant patiemment qu’une proie se rapproche suffisamment pour frapper et elles se déplacent rarement à plus de quelques mètres de leur lieu de naissance. Mais alors, comment sont-elles arrivées là ? Une étude publiée dans le journal PLOS ONE suggère que l’arachnide partage des gènes avec 33 autres espèces, dont presque toutes sont originaires d’Afrique du Sud, mais le plus étonnant, c’est que cette même étude suggère également que Moggridgea rainbowi aurait divergé des autres il y a environ 2 millions d’années.

Pourquoi est-ce étonnant ? La sagesse conventionnelle a longtemps suggéré que ces araignées s’étaient séparées de leurs cousines sud-africaines lors de la fracturation du Gondwana il y a environ 95 millions d’années. Ces araignées vivaient en effet à l’époque sur un seul et même continent. En se fracturant, l’Australie aurait donc emporté avec elle dans ses bagages Moggridgea rainbowi. Or, ces récentes analyses génétiques suggèrent que les lignées se sont bien séparées il y a entre deux et seize millions d’années, bien après la fracturation du Gondwana. De même, le moment de la divergence exclut l’autre théorie alternative qui suggère que ces araignées aient été transportées par les premiers Hommes arrivés en Australie beaucoup plus tard.

L’assistance humaine est donc exclue. Mais alors, comment ont-elles fait ? Les chercheurs suggèrent ici que certaines araignées auraient pu traverser l’océan indien, se retrouvant piégées sur de la végétation flottante ou sur des morceaux de bois à la dérive et se laissant guider par les vagues et courants.

« À première vue, cela semble incroyable. Mais il existe des précédents. Moggridgea se trouve également sur les îles volcaniques des Comores, à 340 km de l’Afrique continentale. Il est vrai que c’est une distance relativement courte par rapport aux 10 000 km qui séparent l’Afrique du Sud de l’île Kangaroo, mais bien que cela puisse être difficile à imaginer, ces araignées semblent armées pour de tels voyages. Elles ont en effet un métabolisme de base très faible, ce qui signifie qu’elles n’ont besoin que de peu de ressources pour survivre », explique le professeur Andrew Austin, coauteur de cette étude.

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