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Est-il possible de trouver l’altruisme dans la nature ?

Parasites Toxoplasma gondii Crédits : Wikimedia Commons

Il existe des parasites capables de modifier le comportement de certains animaux afin de les pousser à commettre des actes dangereux pour eux-mêmes. La question qui se pose ici est de savoir si le contraire existe, à savoir des parasites permettant aux animaux d’avoir un comportement altruiste.

Évoquons l’exemple du Toxoplasma gondii, un parasite intracellulaire obligatoire capable de contrôler partiellement le cerveau des souris, suffisamment pour induire chez elles un comportement non naturel : celui visant à se rapprocher des chats. Nous savons tous que le chat mange la souris et qu’il s’agit là d’un comportement suicidaire pour cette dernière. Le parasite en question se reproduit ensuite par le biais des déjections félines comme l’indique le Scientific American.

L’instinct motive la survie de l’espèce et il est parfois possible d’observer dans la nature des comportements altruistes allant dans cette logique. Ce type de comportement trouve-t-il sa source dans la présence d’un parasite ?

Une étude publiée dans la revue Nature Communications le 12 janvier 2017 et menée par trois chercheurs en biologie de l’Université de Tel-Aviv (Israël) s’est posé cette question. En utilisant un modèle mathématique, les chercheurs ont conclu que le comportement altruiste démontré chez certains animaux est dû à la présence de microbes transmissibles réputés pour leur coopération.

« L’histoire est fascinante, car nous ne pensons pas à l’altruisme en termes de relation hôte-microbiome », indique un autre chercheur à propos de ces recherches, le biologiste John Bienenstockde la McMaster University située dans l’Ontario (Canada).

Les recherches évoquées ici, au-delà de leur indéniable intérêt, ont été rendues possibles grâce à une simulation, autrement dit un modèle virtuel. Ainsi, le mystère existe toujours et la preuve que des parasites manipulent un autre animal pour assurer leur survie manque à l’appel. Reste qu’à la fin de la simulation menée par les chercheurs israéliens, les microbes qualifiés d’altruistes étaient devenus dominants. De futures recherches permettront peut-être dans un savoir plus sur cette question sans avoir recours à un procédé virtuel.

Sources : Scientific AmericanAgence Science Presse