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Paris plages : sous les pavés de la capitale, y a-t-il de vraies plages ?

Crédits : Wikimedia Commons

Il y a plus de 40 millions d’années, le paysage de la zone actuelle de Paris ressemblait à ce que l’on peut actuellement voir aux Antilles ! Si cet endroit est devenu une grande ville, c’est en grande partie grâce à d’énormes bancs de sable qui se sont transformés en roche calcaire avec le temps.

Depuis 2002, l’événement Paris Plages permet aux Parisiens de se détendre sans sortir de la capitale, tout simplement en allant sur la rive droite de la Seine ou du côté du bassin de la Villette. Près de 3,5 kilomètres de plages sont donc à disposition des Franciliens durant l’été, mais une question se pose : y a-t-il eu de véritables plages dans cette zone dans un lointain passé ?

À vingt mètres de profondeur, soit sous le métro et les égouts, se trouvent d’énormes bancs de calcaire. Il y a quelques siècles, ceux-ci ont été transformés en carrières servant à puiser la matière première permettant de bâtir les immeubles de Paris. Avant de devenir de la roche calcaire, ces bancs étaient, durant le Lutérien (il y a environ 45 millions d’années), constitués de sable qui s’est compacté au fil des millénaires.

Selon Science & Vie, la formation des Pyrénées datant de cinquante millions d’années a engendré des mouvements tectoniques ayant permis l’invasion, quelque trois millions d’années plus tard, de la partie nord de la France actuelle par une large mer dite « Lutétienne ». Une sorte de golfe s’est alors créé, bordé par de grandes plages de sable où de nombreux mollusques avaient élu domicile, un paysage que l’on pourrait qualifier aujourd’hui de caribéen ! Parmi ces mollusques, on retrouvait notamment le plus grand gastéropode marin connu, à savoir le Campanile giganteum dont la taille était comprise entre quarante et soixante centimètres.

Progressivement, toujours sous l’effet des mouvements de plaques tectoniques, le fameux golfe s’est étendu et la profondeur s’est réduite un peu partout. En revanche, une grande baie d’une profondeur de dix mètres au maximum et chargée de sédiments a subsisté. Le paysage a ensuite changé et la végétation est devenue riche en palétuviers, des arbustes typiques de l’écosystème de la mangrove où de nombreux mammifères vivaient. L’eau s’est ensuite retirée en direction de la Manche.

Lorsque l’on observe la capitale aujourd’hui, difficile de croire qu’il y a des millions d’années, cette zone était tropicale, n’est-ce pas ? Un documentaire baptisé Paris sous la mer diffusé en 2012 explique par ailleurs très bien cette théorie.

Sources : Science & VieSequana Media