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Face aux tensions, les New-Yorkais redécouvrent leurs abris antiatomiques hérités de la Guerre Froide

Les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis ont de multiples effets, dont celui de remémorer aux Américains de mauvais souvenirs de Guerre Froide. À New York, certains lieux historiques témoignent toujours de cette période où l’on craignait l’attaque nucléaire.

L’escalade verbale des dernières semaines entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-Un ont atteint des sommets, à tel point qu’il a été question d’attaquer l’île de Guam, un territoire non incorporé des États-Unis situé dans l’Océan Pacifique. Bien que Kim Jong-Un ait déclaré le 15 août 2017 avoir l’intention de « mettre sur pause » le projet de tirs ciblant Guam, les tensions restent très vives.

Il faut savoir que la menace nord-coréenne d’utiliser l’arme nucléaire fait peur aux peuples et ravive les douleurs du passé. Au Japon, pays ayant été frappé par l’arme atomique à deux reprises en 1945 par les États-Unis, certains riches citoyens désirent se faire construire des abris antiatomiques (bunkers), selon Bloomberg. Aux États-Unis, les citoyens se sont récemment intéressés à un vieux bâtiment rappelant la menace que représentait la bombe atomique durant la Guerre Froide, synonyme de tensions avec les Soviétiques (URSS).

Crédits : Wikimedia Commons

D’après un reportage réalisé par France 24 et publié le 12 août 2017, certains New-Yorkais ont pris connaissance de l’histoire d’un imposant bâtiment comportant des colonnes situé dans le quartier de Lower East Side, à Manhattan. Celui-ci, construit en 1936, abrite aujourd’hui un simple bureau de poste dans lequel des dizaines de personnes se rendent et travaillent chaque jour sans vraiment connaître sa spécificité.

Et pourtant, une plaque en métal clouée au mur portant la mention « fallout shelter » est sans équivoque (cela signifie « abri antiatomique »). Cette chambre forte aménagée dans le sous-sol du bâtiment durant la Guerre Froide en est un des derniers témoignages et a été reconvertie depuis des années en salle de stockage du courrier. France 24 évoque également « The Petersfield », un immeuble de 17 étages datant de 1930 situé à Gramercy, un endroit calme de Manhattan. Ce dernier abrite des dizaines d’appartements chics et était doté à l’époque d’un autre bunker mis à la disposition de la population.

Jeffrey Schlegelmilch, directeur adjoint du National Center for Disaster Preparedness à l’université de Columbia, a déclaré qu’à l’époque, « les autorités s’étaient aperçues que beaucoup de structures existantes pouvaient faire office d’abris antiatomiques. » Murs épais, ventilation, ressources suffisantes en eau, nourriture et médicaments, tout était pensé pour garder en sécurité des personnes ayant pu échappé à une éventuelle attaque nucléaire causant évidemment des dégâts incommensurables engendrant également des radiations mortelles. L’intéressé a également rappelé qu’en 1963, l’armée avait recensé près de 17 000 endroits de ce type dans toute la ville comme l’indique le New York Times.

À moins d’avoir un certain âge, les employés et clients du bureau de poste ainsi que les habitants de l’immeuble The Petersfield n’ont pour la plupart pas vraiment connaissance de l’existence de l’histoire de ces lieux. À l’heure des tensions avec la Corée du Nord, il s’agit ici d’une occasion de se rappeler que la menace nucléaire n’est pas un fantasme et a déjà malheureusement fait ses preuves dans le passé.

Sources : France 24New York TimesBloomberg