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Les moustiques s’attaquent plus à certaines personnes qu’à d’autres, mais pourquoi ?

Crédits : Wikimedia Commons

Durant l’été, on prend toujours la même précaution : se protéger des piqûres de moustiques. Il s’avère que ces insectes ciblent certaines personnes et d’autres moins ou même pas du tout. Un enseignant en génétique a fait la lumière sur ce phénomène.

Nous sommes sûrement assez nombreux à avoir déjà noté le fait d’être plus ou moins impactés par les piqûres de moustique que d’autres personnes. Sans en connaître la véritable raison, nous supposons alors que les moustiques préfèrent certains sangs à d’autres et que cela doit provenir de notre odeur. Certaines observations faites par le passé montrent que les personnes buvant de la bière, les femmes enceintes ainsi que les gens en surpoids (qui produisent plus de CO2) sont davantage susceptibles d’aiguiser l’appétit des moustiques. Par ailleurs, notre régime alimentaire, souvent suspecté pour jouer un rôle dans cette attraction, n’a jamais fait l’objet d’études concrètes.

Une étude dirigée en 2015 par le Dr G. Mandela Fernandez-Grandon de l’Université de Greenwich (Royaume-Uni) pourrait bel et bien avoir trouvé une réponse satisfaisante. Publiées dans la revue PLOS One, ces recherches ont permis d’en savoir plus sur les diverses façons dont les moustiques peuvent être attirés par les odeurs dégagées par notre corps. Il faut savoir que les moustiques étudiés faisaient partie de la variété Aedes aegypt et que les volontaires humaines pour l’expérience étaient des femmes jumelles (vraies ou fausses).

Intégrer à l’étude ces deux différentes sortes de jumeaux permet de faire la différence entre ce qui provient de l’environnement et ce qui est lié à la génétique ainsi qu’aux effets de l’inné et de l’acquis. Il s’agit chez l’humain du seul moyen de pouvoir évaluer l’influence de la génétique dans la différenciation des jumeaux.

Les cobayes ont été amenés à plonger leurs mains dans des sortes de dômes en plexiglas comportant une odeur attirant ou repoussant les moustiques. Chacune des volontaires a alors reçu un taux d’attraction des moustiques. Les vraies jumelles, ayant leurs gènes en commun, ont obtenu des scores plus similaires par rapport aux fausses jumelles. Ainsi, l’étude stipule que 67 % des différences entre les individus trouvent leur origine dans les gènes, une notion appelée héritabilité.

Mais ce n’est pas tout, car les chercheurs ont préalablement écarté à tort une influence bactérienne de ces odeurs, car il a été établi depuis longtemps que les bactéries ne pouvaient pas être impactées par la génétique. Or, les bactéries à l’origine des odeurs chimiques (attirant ou non les moustiques) qui se trouvent par exemple dans notre bouche, nos intestins ou encore notre peau nous choisissent en fonction de notre profil génétique. Incroyable non ? Il faudrait alors prier pour ne pas avoir un profil génétique attirant certains microbes à l’origine d’une odeur chimique que les moustiques peuvent particulièrement apprécier !

Sources : SlateDoctissimo