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À quoi ressemblait la toute première fleur, il y a 150 millions d’années ?

Crédits : Chaneya oeningensis du Miocène d’Allemagne.

Tout comme nous, les fleurs aussi colorées et diversifiées soient-elles, ont un ancêtre commun. Mais à quoi ressemblait cette fleur originelle ? Des chercheurs sont parvenus à dresser son autoportrait.

L’origine évolutive des fleurs est encore enveloppée de mystères. De par leur fragilité, celles-ci ne laissent généralement aucune trace et ne fossilisent que dans des circonstances exceptionnelles. Nous savons néanmoins que les fleurs sont les organes sexuels de plus de 360 ​​000 espèces de plantes vivantes aujourd’hui, toutes dérivées d’un seul et même ancêtre commun qui a vu le jour dans un passé lointain. Cette plante ancestrale qui a éclos il y a entre 250 et 140 millions d’années aura finalement produit ses premières fleurs à l’heure où la planète était plus chaude et plus riche en oxygène et gaz à effet de serre qu’aujourd’hui, à l’heure où les dinosaures parcouraient le monde. Mais à qui ressemblait-elle exactement ?

Des spécialistes pensent être parvenus à dresser son portrait-robot. Plus d’une trentaine de chercheurs de treize pays se sont réunis autour du projet « eFlower » pour combiner les données sur la structure florale des espèces actuelles et le tout dernier arbre évolutif des plantes à fleurs construit à partir des informations génétiques de différentes espèces. En comparant les similitudes et les différences entre les plantes florales apparentées, il est en effet possible de déduire les caractéristiques de leurs ancêtres récents. L’équipe aura finalement échantillonné 800 espèces sur les 300 000 existantes, révélant ainsi quelques surprises. Ces travaux publiés dans la revue Nature Communications suggèrent que cet ancêtre était probablement porté par un petit arbre ou un buisson, qu’il était vraisemblablement hermaphrodite (avantageux lors de la colonisation de nouveaux environnements en tant qu’individu individuel) et que ses organes ressemblant à des pétales étaient organisés en cercles concentriques.

L’étude aura permis d’établir que les pièces stériles de la fleur ancestrale étaient vraisemblablement d’un seul type comme chez la tulipe. Il n’y avait pas de différenciation entre les sépales et les pétales. À certains égards, cette fleur originelle ressemblait à notre magnolia moderne, présentant de multiples « pétales » indifférenciés disposés en anneaux concentriques. Au centre semblaient se présenter plusieurs rangées d’organes sexuels, y compris les étamines productrices de pollen et les ovaires porteurs d’ovules.

Crédits : Hervé Sauquet & Jürg Schönenberger

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