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Et si les anciennes pilules contraceptives permettaient de vaincre le cancer ?

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Un composé issu de la formule des premières pilules contraceptives pourrait aider à faire avancer la recherche sur le cancer. Des chercheurs québécois ont réussi à stopper la multiplication des tumeurs chez des rongeurs grâce à l’association du fameux composant et d’une molécule.

Donald Poirier, chercheur du Centre de recherche hospitalier de l’Université Laval (Québec, Canada), est à l’origine de ces recherches relatées dans une publication dans la revue ChemMedChem le 20 janvier 2017. Après quelques années, l’intéressé a trouvé la solution à son problème dans le mestranol, un œstrogène entrant dans la composition des premières pilules contraceptives.

« Cette découverte nous a permis de régler un problème de stabilité de molécule en créant une “super-molécule” très active et capable de supporter le long parcours à travers le corps pour se rendre vers la zone malade », explique le scientifique pour l’Agence Science Presse.

Il s’agit donc d’une nouvelle thérapie dont la première mission est de permettre de vaincre le cancer du sein. Au Canada, 25 000 femmes reçoivent actuellement un traitement, mais environ 5000 d’entre elles devraient malheureusement succomber. Le nouveau médicament aura pour vocation de réduire le nombre victimes et dans le cas où les tests s’avèrent être un succès, celui-ci pourrait être adapté à d’autres cancers tels que celui de la prostate, des ovaires, du pancréas ou encore la leucémie.

Donald Poirier travaille depuis de longues années sur les œstrogènes et les androgènes, à savoir les hormones stéroïdiennes mâles et femelles. Celles-ci auraient leur importance dans la croissance des tumeurs au niveau du sein et de la prostate. L’expert pense qu’il est possible d’agir sur les tumeurs en inhibant ce processus.

« Nous n’identifions pas encore tout à fait bien ce que bloque notre cible thérapeutique, mais nos résultats montrent une action rapide sur les tumeurs », poursuit Donald Poirier.

Le composé RM-581 mis au point par le chercheur et son équipe permettrait une meilleure tolérance par l’organisme et une meilleure sélection des cellules à éliminer. L’ancien composant utilisé, le RM-133, s’était montré efficace contre les cellules cancéreuses, mais détruisait au passage des cellules saines et surtout, le composé était constamment éliminé par le foie.

« De nombreuses tumeurs cancéreuses présentent des similarités au niveau fondamental. Si ce médicament révèle son potentiel, ce serait comme trouver le Saint Graal ! », conclut Donald Poirier.

Sources : Agence Science Presse