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La science comprend désormais le cycle magnétique du soleil

Crédits : Max Pixel

Le cycle magnétique du soleil s’inverse tous les onze années en moyenne. Les scientifiques ont enfin compris la raison de cette inversion. C’est une découverte majeure dans le cadre de la prévention des éruptions solaires, ces phénomènes capables de perturber nos systèmes de communication.

Cette découverte a été faite par l’astrophysicien Antoine Strugarek et son équipe de l’Université de Montréal (Québec). Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Science le 14 juillet 2017. Le but ? Mettre au point des applications permettant de prévoir les éruptions solaires.

Il a fallu que les chercheurs percent un mystère avant d’espérer faire de telles prévisions. Ces derniers ont évoqué l’existence d’une intense rétroaction entre le champ magnétique du soleil et les écoulements de fluide conducteur avec notamment un mouvement de rotation interne. Il s’avère que ce sont les variations de cette même rotation qui précisent la durée du cycle magnétique.

Afin de comprendre le phénomène, les chercheurs ont utilisé une simulation informatique en 3D de l’intérieur d’étoiles comparables à notre soleil. Certaines de ces étoiles ont un cycle magnétique comparable à notre soleil, durant entre huit et quatorze années. Cependant, d’autres étoiles ont des cycles dont la durée est comprise entre un an et plusieurs dizaines d’années.

Différents programmes d’observation ont permis de compiler un grand nombre d’informations concernant la durée des cycles magnétiques d’étoiles de type solaire. Cela vient alors compléter les informations déjà connues des scientifiques relatives au cycle magnétique de ces étoiles, mais également au niveau de leur rotation et leur luminosité.

« On a mis en lumière un mécanisme fondamental qui détermine la longueur des cycles, ce qui va permettre de faire de la prévision à long terme sur le cycle lui-même. On pourra ainsi dire si le prochain cycle magnétique du soleil d’ici dix ou vingt ans sera intense, long ou court ce qui permettra de savoir entre autres quel type de satellites peut être mis sur orbite et les fenêtres de tir les plus favorables », indique Antoine Strugarek.

Cette application de simulation du magnétisme des étoiles peut donc permettre une prédiction des éruptions solaires, malheureusement capables de perturber les communications terrestres. Ainsi, les opérateurs satellites devraient se montrer les premiers intéressés par cette nouveauté.

La technique mise au point pourra également mieux étudier les données qui seront obtenues lors des prochaines missions de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). En effet, le satellite Solar Orbiter destiné à observer le soleil sera lancé en 2018 et le Planetary Transits and Oscillations of stars (PLATO), un second satellite, sera lancé en 2024 et aura pour fonction de déceler des exoplanètes.

Sources : HuffingtonPostSciences et Avenir