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Les robots sexuels rendront-ils les humains associables ?

Crédits : Dell

Un rapport élaboré par des experts s’inquiète fortement de l’évolution des robots sexuels et de leurs conséquences sur les rapports humains. En effet, il semblerait que ces pratiques peuvent dégrader fortement les relations sociales.

Ayant comme précurseur le Japon, les poupées gonflables et les sex dolls ont séduit de nombreuses personnes. Par la suite, avec l’arrivée des nouvelles technologies, les androïdes sexuels, qui ont longtemps fait partie du seul univers de la science-fiction, se sont développés. Il s’avère également que la demande est en constante augmentation.

Ainsi, la notion de « sex-toys high-tech » est apparue au cœur d’un nouveau marché partagé entre les quatre entreprises suivantes : Sex Bot Company, Abysse Creations, Android Love Doll et True Companion. Les robots que ces sociétés commercialisent se vendent à un prix situé entre 5000 et 15 000 dollars suivant leurs caractéristiques. S’il s’agit pour l’instant d’un marché de niche réservé à des adeptes ayant les moyens, celui-ci pourrait exploser dans un avenir proche et les robots sexuels pourraient se démocratiser.

Cette évolution n’est pas au goût de tout le monde et surtout pas de la Fondation for Responsible Robotics (FRR) qui a publié un rapport (PDF en anglais/44 pages) le 5 juillet 2017 dernier destiné à permettre « une intégration responsable des robots dans notre société ». Le contenu démonte les arguments des adeptes des robots sexuels et apporte des interrogations d’ordre éthique et philosophique s’intéressant aux possibles dérives à moyen terme.

Crédits : capture Youtube / WeirdlyUrs

Un des chapitres du dossier a été nommé Our Sexual Future With Robots (notre sexualité future avec les robots). Celui-ci essaye d’anticiper une notion importante : les crimes sexuels. Plus précisément, il s’agit d’évaluer si les sex-toys high-tech sont capables d’empêcher les crimes sexuels de type agression, viol ou encore pédophilie. Shin Takagi, patron d’une société japonaise commercialisant entre autres des sex dolls représentant de jeunes filles, avait déclaré que ses produits pouvaient « permettre aux violeurs ou aux pédophiles — comme lui — d’exprimer leurs désirs de manière légale et éthique ».

Le rapport soulève un important désaccord de la fondation sur cette question. Si certaines personnes pensent qu’une poupée ou un robot peut assouvir les fantasmes de certains hommes et inhiber leurs désirs relatifs aux êtres humains, d’autres pensent justement l’inverse. En effet, il se pourrait également qu’utiliser ces substituts puisse renforcer leurs désirs et les encourager à assouvir ces mêmes désirs sur des humains.

« Permettre aux gens de vivre leurs fantasmes les plus sombres avec un robot pourrait avoir un effet pernicieux sur la société et les normes sociétales et même mettre encore plus en danger les personnes les plus vulnérables », précise l’étude.

Ils explorent aussi la possibilité que les robots sexuels puissent faire un jour disparaître les réseaux de prostitution et trafics humains qui y sont liés. Mais ceux qui dirigent l’étude indiquent néanmoins n’avoir « trouvé aucune preuve lors de notre enquête et nos sondages que les robots y mettront fin ».

Le rapport s’inquiète de la démocratisation des robots sexuels, surtout au vu de la constante progression de la robotique et de l’intelligence artificielle. Les experts estiment que plus les robots imiteront les humains et seront nombreux, plus nos rapports « entre humains » s’en trouveront perturbés.

L’étude parle d’une isolation sociale qui pourrait être imputée à la démocratisation des robots sexuels, faisant perdre aux humains leur capacité à ressentir de l’empathie et pouvant modifier notre notion d’intimité. En effet, le robot est exclusif à l’être humain, mais les relations entre humains sont basées sur le consentement mutuel, une démarche évidemment très différente.

Voici une vidéo présentant brièvement Harmony, la dernière création de RealBotix qui sera commercialisée en fin d’année 2017 :

Sources : L’ExpressSiècle Digital