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Des scientifiques travaillent sur une puce destinée à redonner la vue et l’audition

Crédits : Université Rice

Des scientifiques travaillent à l’élaboration d’une puce à implanter dans le cerveau humain. Celle-ci serait alors capable de permettre à son porteur de recouvrer la vue ainsi que l’audition. Ce projet est par ailleurs financé par l’armée américaine qui y voit là une invention d’avenir.

Environ 4 millions de dollars, voici la somme que les ingénieurs de l’Université Rice située au Texas (États-Unis) ont reçue pour leur projet baptisé FlatScope. Le mécène n’est autre que la DARPA, l’agence du département de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire.

Dans un communiqué officiel de l’université, les chercheurs indiquent que la puce en question en est encore au stade de prototype. Celle-ci est prévue pour être implantée dans le cerveau, au niveau du cortex, à savoir sa couche la plus externe. Il s’agit de stimuler jusqu’à plusieurs millions de neurones via des dizaines d’électrodes. L’implant sera en capacité de recevoir des informations auditives et visuelles et agira en tant que relais en transmettant directement ces données aux zones du cerveau capables de les traiter.

Le fait d’implanter des électrodes afin de stimuler certaines zones du cerveau n’est pas quelque chose de nouveau. Le procédé, baptisé stimulation cérébrale profonde (SCP), est déjà utilisé dans le traitement de l’épilepsie ou encore la maladie de Parkinson. En revanche, comme l’indique Jacob Robinson, faisant partie du projet, « ce sont des systèmes à seulement 16 électrodes, bien trop limités pour restaurer la vue ou l’audition. »

La puce FlatScope devrait également intégrer une sorte de microscope miniature actuellement développé par une seconde équipe de l’Université Rice. À partir du moment où la puce sera activée, le microscope se chargera d’observer et d’enregistrer l’activité du cerveau, qui constitue encore un épais mystère sur de nombreux points pour les scientifiques spécialisés en neurologie. L’ambition est bien là : il s’agit d’observer plus d’un million de neurones simultanément qui seront rendus visibles par le biais de protéines bioluminescentes.

« Comme le microscope enregistrera des images en 3D, nous pourrons voir la surface du cerveau mais aussi une certaine profondeur. À ce stade nous ne connaissons pas encore les limites mais nous espérons voir au moins au-delà de 500 microns » explique Ashok Veeraraghavan, membre du second projet.

Les deux projets conjoints évoqués dans cet article ne sont pas encore très détaillés mais les chercheurs se montrent très optimistes quant à leur faisabilité. Jacob Robinson a par exemple fait une comparaison avec un objet utilisé tous les jours par la plupart d’entre-nous :

« Nous sommes en mesure de créer des processeurs contenant des milliards d’éléments sur une puce destinée au smartphone que nous avons tous dans notre poche. Alors pourquoi aurions-nous du mal à appliquer ces avancées aux interfaces neuronales ? »

Sources : Sciences et AvenirMashable