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Un quatrième fossile de Dénisovien découvert, ce peuple encore énigmatique

Crédits: Slon et al. Sci. Adv. 2017; 3: e1700186

Une équipe internationale de chercheurs annonce la découverte d’un quatrième fossile de Dénisovien : une molaire datée d’environ 227 000 ans appartenant à une jeune fille d’environ 10/12 ans. La découverte, très rare, permettra aux anthropologues d’en savoir davantage sur ce peuple énigmatique.

Deux molaires et un morceau d’os d’auriculaire : telles étaient les trois seules preuves fossiles de l’existence de la population énigmatique des dénisoviens qui représentent une espèce éteinte du genre Homo identifiée par analyse génétique en mars 2010. Une équipe internationale de chercheurs annonce avoir mis la main sur un quatrième fossile dans la grotte de Denisova découverte en 1984 et située dans les montagnes de l’Altaï au sud de la Sibérie. Il s’agit d’une dent d’enfant retrouvée coincée dans une couche stratigraphique datée à environ 227 000 ans appartenant à une jeune fille d’environ 10/12 ans qui vécut dans cette grotte 20 000 ans avant que d’autres Denisoviens ne viennent s’installer dans cette même grotte.

Vous pouvez constater ci-dessus la molaire nouvellement découverte sous différents angles de vue. Les scientifiques estiment que la molaire trouvée dans la grotte Denisova en Sibérie est plus ancienne que les fossiles Denisovan précédemment étudiés (entre 20 000 et 40 000 ans). Crédits : Slon et al. Sci. Adv

La présence de Neandertal en Europe et en Eurasie de l’Ouest avant l’arrivée des humains dits « modernes » est bien étayée par les données archéologiques et paléontologiques. En revanche, pour les Dénisoviens c’est un peu plus compliqué tant les fossiles se font rares. L’analyse de l’ADN mitochondrial et nucléaire des trois premiers fossiles retrouvés montre néanmoins que cette nouvelle espèce d’homo aurait un ancêtre commun avec l’Homo sapiens daté d’environ 660 000 ans. Ses ancêtres se seraient détachés des Néandertaliens il y a environ 425 000 ans. Denisova préférant s’en aller vers l’Est vers les contrées orientales quand Neandertal préférait l’Europe de l’Ouest.

Physiquement, on ne sait peu de choses sur les caractéristiques anatomiques précises des Dénisoviens. L’os du seul doigt retrouvé, qui appartenait à une femme, est exceptionnellement large, suggérant que l’espèce était plutôt robuste à l’instar de Neandertal. De prochaines analyses génétiques permettront d’en apprendre davantage sur cette espèce énigmatique qui a vécu dans les contrées sibériennes il y a des dizaines de milliers d’années.

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