in ,

Polémique : un robot sexuel créé pour être violé ?

Roxxxy, le robot sexuel au coeur de la polémique Crédits : Truecompanion

La question des robots sexuels revient assez régulièrement, mais il s’agit ici de la création d’un robot particulier qui serait prévue pour assouvir les fantasmes des violeurs. La nouvelle est logiquement à l’origine d’une importante polémique.

L’amour entre les humains et les robots fait couler beaucoup d’encre. En effet, les questions éthiques s’y rapportant sont préoccupantes et fascinent autant qu’elles inspirent la crainte. Dernièrement, nous évoquions par exemple le fait que les robots sexuels pourraient rendre les humains associables.

Le fait est que les progrès en robotique sont bien là et qu’à force d’améliorations, les robots sont aujourd’hui présents dans la société, une tendance qui d’ailleurs, ne devrait pas s’essouffler. Le phénomène s’attaque même à un pan de notre existence : le sexe. Il y a quelques mois, nous parlions par exemple de la création de Samantha, un robot sexuel doté d’un point G.

En revanche, lorsque la perversité pointe le bout de son nez, le public réagit en conséquence, à la manière de ce qui arrive actuellement à la société Truecompanion, dont le slogan est « Le premier robot sexuel toujours allumé et prêt à parler ou jouer ». Le prix de ce robot baptisé Roxxxy (voir photo ci-dessus) est de 8600 euros, mais ce n’est pas cela qui suscite l’indignation.

Cinq personnalités sont réglables, dont le mode « Frigide Farrah », décrit par les créateurs comme étant relatif à une personnalité « timide » et « réservée ». Le 17 juillet 2017, la féministe Laura Bates a pointé du doigt Truecompanion dans le New York Times. L’intéressée estime qu’il s’agit là d’un robot créé pour assouvir les penchants concernant le sexe sans consentement. Sur le site de la société (FAQ), il était possible de lire :

« Si votre Roxxxy a la personnalité ‘Frigide Farrah’ et que vous la touchez dans une zone intime, très certainement, elle ne va pas apprécier vos avances. »

Depuis ce coup de gueule plutôt virulent, une mise à jour de la description produit a été faite. Truecompanion a admis être en accord avec Laura Bates et indique que Roxxy n’a pas été conçue pour intégrer des simulations d’acte de viol ou actes assimilés. Il s’agirait plutôt, dans les faits, d’une interprétation erronée des propos tenus par la société, cette dernière ayant également pu être maladroite et équivoque. Selon cette dernière, il s’agirait plutôt de fournir de l’aide aux personnes désirant « comprendre comment devenir intime avec un partenaire ».

Laissons à Truecompanion le bénéfice du doute, mais n’oublions pas que les robots sexuels vont très rapidement investir ce nouveau marché et qu’il est urgent de poser des bases saines. Selon un rapport (PDF en anglais / 44 pages) de la Fondation pour une robotique responsable (FRR), des dérives feront leur apparition en même temps que les robots sexuels, à savoir des actes de viol et éventuellement de pédophilie (dans le cas de robots enfants), ainsi que d’autres actes non cités.

Sources : New York TimesHuffingtonPostLe Journal du Geek