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Comment le cinéma imagine les villes du futur

Crédits : L’immortelle – Enki Bilal @Duran

La ville est constamment un point central dans les films de science-fiction. Ces derniers montrent à peu près toujours le même type d’espace urbain depuis près d’un siècle : des villes verticales, stressantes et où le tempo de l’existence humaine semble très rapide. Pourquoi ne pas voir la ville autrement dans le futur ?

Dans la plupart des films de science-fiction, les villes ressemblent plutôt à des métropoles telles que New York ou Hong Kong en proie à une catastrophe ou à un conflit armé. En effet, la ville imaginaire créée de toute pièce est plutôt rare dans ce genre. L’amateur de science-fiction peut s’attendre à une expression visionnaire de la société, même relevant du fantasme, mais ce sera la plupart du temps relatif à l’anticipation, une façon d’imaginer un avenir à notre présent.

La ville est un décor, mais c’est un des éléments structurels les plus importants de la science-fiction puisque l’urbanisme très prononcé est synonyme de modernité pour le commun des mortels. La ville a pour but de donner plus de profondeur au scénario, souvent futuriste, en apportant un monde fascinant même si ce dernier est souvent négatif. Il faut également savoir que l’aspect de la ville se science-fiction montre au spectateur les avancées technologiques d’un futur imaginé et définit aussi la notion de temps.

La ville de demain présente dans les films est assez standardisée, que ce soit dans Blade Runner (1982), Ghost In the Shell (1995), appartenant au cyberpunk, une branche de la science-fiction particulièrement active dans les années 1980.

Les cinéastes semblent souvent s’inspirer du passé, des mythes religieux et universels. De plus, l’histoire et l’évolution des villes dans le courant du XXe siècle incarnent la source de l’espace urbain visible dans la science-fiction. Rarement nous trouverons des villes utopiques ou relatives à un futur idéal. En effet, la ville du futur semble vouloir être l’espace où se trouvent les grands enjeux sociétaux qui découlent de notre présent.

On associe souvent la science-fiction avec l’anticipation du futur, mais peu d’innovations en sont réellement issues, ce qui interroge sur sa valeur prospective. En réalité, la dimension psychologique est très présente puisque les représentations urbaines ne sont qu’une extrapolation de nos peurs, mais également de nos espoirs. Plus précisément, il peut s’agir par exemple de la peur du climat qui change, de dérives politiques et sécuritaires, des progrès de la robotique accompagnés par l’espoir que le monde change de façon positive.

Bien que la science-fiction traite la plupart du temps du futur, celle-ci nous renvoie au présent, à la société actuelle. C’est pour cette raison que le besoin de créer de nouvelles images de la ville ne se fait pas sentir. En effet, partir sur la base d’un espace urbain déjà existant et l’intégrer dans un scénario futuriste permettra à n’importe quel spectateur de comprendre ces images tout en s’y projetant.

Ceci dit, le but n’est pas ici d’élaborer une construction intellectuelle de la ville du futur, puisque celle-ci sert de décor, de support. Il s’agit plutôt de montrer les impacts des dérives de la société actuelle se répercutant sur celle du futur. En définitive, les cinéastes ne font souvent qu’exagérer certaines caractéristiques de la ville d’aujourd’hui, souvent pour faire passer un message.

Sources : Chroniques d’architecture