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Des chercheurs ont cartographié le coeur d’une étoile éclatée en 3D

Crédits : A. Angelich; NRAO/AUI/NSF

Une équipe de chercheurs annonce avoir pour la première fois cartographié le noyau d’une ancienne étoile en 3D, révélant de nouvelles formations moléculaires au cœur même des supernovae.

Il y a quelques mois, la NASA publiait de nouvelles données et images de la Supernova 1987a, massive et lumineuse. Découverte le 23 février 1987, vous la retrouverez au sein du Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine proche de la Voie lactée visible depuis l’hémisphère sud. Même si SN 1987A s’avère être la première explosion de supernova observée à l’œil nu durant le XXe siècle avec des conditions d’observations quasi optimales, le phénomène proprement dit s’est produit il y a environ 168 000 ans à une distance estimée à environ 51,4 kiloparsecs de la Terre. Aujourd’hui, et pour la toute première fois, des chercheurs ont pu sonder le cœur de cette étoile et le modéliser en trois dimensions.

Ils annoncent en effet dans The Astrophysical Journal Letters avoir pu analyser et cartographier en 3D la structure des nouvelles molécules prenant forme à l’explosion cosmique et ont découvert la présence de nouveaux éléments chimiques qui n’avaient pas été détectés auparavant à l’intérieur : « Lorsque cette supernova a explosé, les astronomes ignoraient beaucoup de choses quant à la façon dont ces événements réorganisent l’espace interstellaire autour d’eux, ni comment les débris d’une étoile éclatée finissent par refroidir et produire de nouvelles molécules », explique l’astronome Rémy Indebetouw, de l’Université de Virginie.

Grâce à réseau de télescopes ALMA, au Chili, les chercheurs ont ainsi pu observer de la « poussière d’étoiles » se refroidir, révélant certaines idées importantes sur l’étoile originale, mais également sur la façon dont les supernovae créent les éléments de base des planètes. Les supernovae sont en effet connues pour leurs capacités destructrices étant donné qu’elles signalent la mort des étoiles, mais elles « enfantent » également en produisant les réactions chimiques qui donneront naissance à de la poussière cosmique, qui constituera elle-même de nouvelles étoiles et planètes.

La supernova 1987A, découverte il y a 30 ans, est ici au centre, entourée d’une bague. Crédits : NASA

Observant le noyau de SN 1987A à différentes longueurs d’ondes, les chercheurs ont ainsi eu un aperçu sans précédent du cœur de l’étoile qui explosait il y a environ 168 000 ans. Ils ont ensuite cartographié la structure de la supernova en 3D, révélant l’emplacement et l’abondance des molécules nouvellement formées à l’intérieur, y compris le monoxyde de silicium (SiO) et le monoxyde de carbone (CO).

Dans cette même étude, les chercheurs décrivent également comment ALMA a révélé la présence d’autres formations moléculaires non détectées auparavant à l’intérieur de la supernova, y compris le cation formylium (HCO +) et le monoxyde de soufre (SO). « HCO + est particulièrement intéressant, car sa formation nécessite un mélange particulièrement vigoureux pendant l’explosion », explique Rémy Indebetouw.

Selon les chercheurs, ces révélations concernant la présence de ces nouvelles molécules signifient que d’autres formations non détectées pourraient également être présentes dans le noyau. Formations qui pourraient ébranler notre compréhension de la façon dont les molécules et les poussières cosmiques naissent à partir de ces événements violents.

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