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En Alaska, les baleines chapardent le saumon dans les écloseries !

Crédits : Dr Ellen Chenoweth/NOAA Fisheries permit #14122

Rien de tel qu’un repas gratuit. Les baleines à bosse du sud-est de l’Alaska semblent avoir trouvé le moyen de se nourrir directement dans les écloseries de saumons. C’est un bon point pour les baleines, mais une mauvaise nouvelle pour l’industrie locale.

Les écloseries ne sont pas des piscicultures, mais des sortes de pépinières de saumons. L’idée, c’est ici de rejeter dans l’océan les poissons juvéniles pour augmenter le nombre de saumons disponibles pour les prises sans forcément entraîner une surpêche des stocks sauvages. Le saumon sauvage passe en effet la première partie de sa vie dans les ruisseaux où la concurrence est féroce et beaucoup ne survivent pas. Les écloseries s’assurent alors que suffisamment de saumons survivent à cette étape cruciale de la vie en les élevant en captivité pendant six à dix-huit mois avant de les libérer dans la nature.

Mais selon de récentes observations, il semblerait que ce petit tour de passe-passe ne soit pas passé inaperçu, du moins chez les baleines à bosse. Normalement, celles-ci se nourrissent en profondeur, mais elles ont récemment été filmées en train de se glisser dans les eaux peu profondes pour se nourrir directement dans les écloseries.

Une équipe de biologistes marins menée par Ellen Chenoweth, de l’Alaska Fairbanks University, a en effet étudié cinq sites normalement protégés situés sur la côte Est de l’île Naranof entre 2010 et 2015 en enregistrant le comportement des baleines tous les matins et après-midi. Les chercheurs ont également marqué les baleines individuelles pour suivre leur comportement alimentaire.

Les chercheurs ont alors constaté que bien que le saumon d’écloserie ne soit pas une source importante de nourriture au niveau de la population, il semble néanmoins vital pour un petit nombre de baleines pendant quelques semaines. « Pour les individus qui semblent se spécialiser, cela fait partie d’une stratégie d’alimentation saisonnière et dans certains cas, ils reviennent année après année », explique Chenoweth. Celles-ci se rapprochent alors très près du rivage où le saumon d’écloserie est relâché et se présentent ensuite comme des obstacles pour éviter que leurs proies ne s’échappent.

Les baleines à bosse sont connues pour leur ingéniosité et leur capacité à apprendre de nouveaux comportements, notamment quand il s’agit de nourriture à l’heure où les populations de krills se font de plus en plus rares. « À cet égard, les résultats de cette étude ne sont pas surprenants et nous montrent la vitesse à laquelle les baleines peuvent exploiter une ressource nouvellement disponible », note Andrew Lire, de l’Université Duke à Durham en Caroline du Nord et coauteur de l’étude.

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