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Comment Tchernobyl est devenu un paradis pour les espèces rares

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Paysage d’apocalypse, Tchernobyl abrite aujourd’hui une végétation dense peuplée par des centaines d’espèces animales, dont certaines figurent sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées.

Cigogne noire, pygargue à queue blanche ou hibou grand-duc, des loutres, des lynx ou des loups, suite à la catastrophe la végétation s’est peu à peu remise loin des Hommes, jamais revenus. C’est devenu le foyer de milliers d’espèces animales condamnées par l’ingérence humaine. Selon les chercheurs, il s’agit là d’un retour immédiat observé dès le départ des Hommes en 1986. Le retour des espèces et la reconfiguration des écosystèmes n’auraient en effet pris que cinq ans.

Les spécialistes notent que les rongeurs furent les premiers. « Les humains avaient semé avant l’accident. Après la catastrophe et l’évacuation de la population, tout est resté sur place. C’est pourquoi des rongeurs sont venus se nourrir. Cela a entraîné une hausse considérable de leur population », explique Denis Vichnevski, chef du groupe de suivi radio-écologique de l’entreprise publique Ecocentre. Ces précurseurs ont entraîné petit à petit le retour d’autres espèces animales, dont beaucoup de prédateurs. Aujourd’hui près de 400 espèces d’animaux vertébrés vivent dans la zone de Tchernobyl.

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Le retour de la végétation (plus de 4 000 plantes) aura peu à peu attiré les grands herbivores, à l’instar des cerfs et des élans. Les prédateurs ont suivi, il n’est ainsi pas rare d’apercevoir des loups ou des ours, disparus de la région depuis plus de cent ans. Sur ces animaux, beaucoup sont considérés comme en danger à l’échelle planétaire, la plupart sont inscrits sur la Liste rouge. Bien sûr, la radiation est toujours présente et affecte sans doute la faune et la flore, mais il est à ce jour difficile pour les chercheurs d’évaluer de tels impacts, car l’argent manque. Certaines anomalies génétiques comme l’albinisme ont néanmoins été observées si l’on en croit Denis Vichnevski.

Trente ans après la catastrophe, la nature a donc repris les pleins pouvoirs. Les animaux ont investi les lieux et les forêts ont remplacé les pelouses. Même les infrastructures sont investies : il n’est pas rare de croiser certains spécimens dans les maisons abandonnées et les anciennes fermes pour y passer la nuit. « Chaque automne, les animaux visitent en nombre les villages abandonnés et leurs jardins pour y cueillir des pommes et des poires », raconte Denis Vichnevski qui note au passage un retour des touristes de plus en plus marqué. La zone dénombrait en 2016 plus de 32 000 visiteurs, soit le double par rapport à 2015.

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