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Un oisillon vieux de 99 millions d’années retrouvé fossilisé dans l’ambre

Gros plan sur l'une des pattes. Crédit: Xing Lida

Des paléontologues annoncent la découverte au Myanmar d’un morceau d’ambre contenant les restes remarquablement conservés d’un oisillon vieux de 99 millions d’années. Ce fossile datant de la période du Crétacé est à ce jour le mieux préservé jamais retrouvé dans l’ambre.

À l’intérieur de l’ambre, vous pouvez distinguer la tête, la queue et le cou de l’oiseau, mais ce sont surtout les ailes et les pattes qui sautent aux yeux : de véritables merveilles de conservation. La résine aura ici parfaitement conservé les plumes, la chair et même les griffes de l’oiseau, nous donnant un aperçu d’un groupe condamné, les énantiornithes, dont l’extinction aura coïncidé avec celle des dinosaures à la fin de la période du Crétacé il y a environ 65 millions d’années. Cette découverte a été annoncée par l’équipe de scientifiques du journal Gondwana Research.

Mis au jour dans la vallée d’Hukawng, au nord du Myanmar, les spécimens d’ambre birman contiennent sans doute la plus grande variété d’animaux et de plantes de la période du crétacé. En janvier dernier, une équipe de chercheurs de l’Oregon State University rapportait d’ailleurs la découverte d’un insecte jusqu’alors inconnu vieux de 100 millions d’années retrouvé également piégé dans l’ambre. La créature baptisée Aethiocarenus burmanicus représente aujourd’hui un tout un nouvel ordre d’insectes. Mais revenons à notre oisillon. En se reportant à la formation de ses plumes, les chercheurs estiment en effet que l’oiseau n’avait que quelques jours, voire quelques semaines lorsqu’il s’est retrouvé englué dans la résine d’un conifère. Près de la moitié de son corps, dont sa tête, ses ailes, ses plumes, ses pattes et ses griffes, a été préservée dans un spécimen d’ambre de 7,6 cm de longueur.

La découverte, financée en partie par le Conseil des expéditions de la National Geographic Society, nous donne aujourd’hui de nouvelles informations sur ces animaux préhistoriques dotés de dents et de plumes qui diffèrent de beaucoup de nos oiseaux modernes. La structure de ses plumes suggère que l’espèce était sans doute capable de voler dès la naissance contrairement aux oiseaux modernes. Ce jeune spécimen possédait en effet « déjà des ailes fournies », rapporte le National Geographic, « mais que le reste de son plumage était parsemé et semblable aux plumes des dinosaures théropodes, dont le rachis, ou axe central, n’était pas bien défini ».

Échantillon d’ambre complet. Crédits : Lida Xing, Jingmai K. O’Connor, Ryan C. McKellar, Luis M. Chiappe, Kuowei Tseng, Gang Li, Ming Ba
Gros plan de l’aile. Crédits : Ming Bai
Gros plan sur l’une des pattes. Crédits : Xing Lida
Gros plan de la griffe. Crédits : Xing Lida
Reconstruction de l’oiseau en question. Crédits : Cheung Chung Tat

Malheureusement, alors que la découverte semblait presque « trop belle », piégée dans cet ambre, la chair de l’oiseau s’est probablement décomposée en carbone pur, ce qui signifie que son ADN est probablement disparu depuis très longtemps.

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