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La planète Mars va être mise sous écoute !

Crédits : iStock

La NASA prévoit d’envoyer un nouveau rover sur Mars en 2020 qui embarquera une caméra laser élaborée par des étudiants toulousains. Il s’agira de la toute première fois que la possibilité d’entendre les sons de la planète rouge sera offerte aux humains.

La SuperCam est un projet en cours depuis deux ans mené par David Mimoun, enseignant chercheur à l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace (ISAE-SupAéro) de Toulouse, mobilisant des étudiants en collaboration avec l’IRAP, le CNES ainsi que la NASA.

« Nous sommes passionnés de planétologie, c’est génial de travailler avec la NASA et de participer à un projet inédit », indiquent Julien Delpeyrat et Elise Clavé, étudiants en deuxième année.

Les porteurs du projet ont voulu que cette SuperCam soit plus performante que la précédente (la ChemCam). Cette dernière, embarquée sur le rover Curiosity depuis 2012, est également capable d’analyser les roches de Mars à distance. En revanche la SuperCam pourra faire davantage en cherchant des molécules organiques afin d’éventuellement étudier des formes de vie antérieures.

Illustration de SuperCam (avant) – Crédits : IRAP

Cependant, la grande première concernant la SuperCam est bel et bien le petit microphone d’à peine trois centimètres qui sera embarqué. Ainsi, ce micro fabriqué à Toulouse pourrait être le premier à communiquer les sons de Mars à la Terre ! Les experts reviennent tout de même sur les échecs passés et sur les difficultés imputées au microphone.

« Les précédentes tentatives ont échoué. Le micro n’était jamais abordé comme un projet scientifique. Celui-là permettra d’entendre le son du laser de SuperCam pendant les opérations et donc de déduire la dureté de la roche visée. Il nous renseignera aussi sur les vents martiens et, par l’écoute des bruits du rover, sur l’usure du matériel », explique Sylvestre Maurice, astronome à l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP), responsable scientifique du projet SuperCam.

Illustration SuperCam vue arrière et position de divers de ses instruments — Crédits : IRAP

« Le micro rajoute de la difficulté dans la conception de notre instrument qui devient un vrai couteau suisse. Il nous faut notamment concevoir la gestion des commandes pour que le micro et le laser soient déclenchés simultanément tout en garantissant les bonnes mesures », indique Olivier Gasnault, autre coresponsable.

David Mimoun ne manque pas de rappeler que les chercheurs doivent être sûrs que des sons seront audibles et que le micro sera en capacité de supporter les variations thermiques, ainsi que les vibrations et les radiations cosmiques. L’expert indique également que les sons qui seront écoutés seront sûrement graves et assez étouffés à cause de la pression basse de Mars (1/100e de celle de la Terre), mais également de la propagation des hautes fréquences ainsi que de la haute teneur en dioxyde de carbone qui y est présente.

Si comme la ChemCam, la SuperCam sera capable d’obtenir la composition chimique des roches, celle-ci aura également les moyens de comprendre la composition minérale des roches et l’association des atomes par le biais d’un spectromètre Raman et d’un spectromètre infrarouge.

Sources : ISAE-SupAéroLa Dépèche