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Bientôt la première nation hors de la Terre ?

Crédits : James Vaughan/Asgardia

L’an dernier, un milliardaire russe avait émis le souhait de fonder un pays indépendant situé dans l’espace. Malheureusement, son projet ambitieux se heurte aux problématiques posées par les lois régissant notre monde.

Asgardia est une « nation-spatiale » sortie de l’imagination de l’homme d’affaires et informaticien russe Igor Ashurbeyli. L’annonce a été faite en octobre 2016 : l’équipe dirigée par l’intéressé espère placer en orbite plusieurs stations spatiales inhabitées. Le but ? Protéger la Terre face à la menace que représentent les astéroïdes. Il s’agirait alors d’une base permanente, en libre accès et non militarisée mise à disposition des chercheurs souhaitant y mener des expériences.

Le premier satellite que le groupe lancera dans plusieurs mois a pour vocation de tester le stockage de données en orbite sur du long terme. Cet acte ouvrira peut-être le développement de data centers d’un nouveau genre. Selon le site Motherboard qui dit avoir obtenu le projet de construction, il s’agit bel et bien de créer la toute première nation hors de la Terre, la faire accepter par le monde entier et ainsi échapper aux législations les moins favorables.

Un premier CubeSat prenant le nom d’Asgardia-1 sera lancé en septembre 2017 selon la Commission fédérale des communications (FCC) des États-Unis. Le mini-satellite composé de deux cubes de 10 cm placés l’un sur l’autre fera partie d’une mission de ravitaillement destinée à la station spatiale internationale (ISS).

La charge utile du CubeSat sera incarnée par une unité SSD 512 Go pré-chargée dont nous ignorons tout du contenu, mais Asgardia dit vouloir « numériser et stocker la richesse des connaissances humaines dans l’espace ». Il est donc probablement question de tester la technique de stockage. Après le placement sur orbite, la mise à jour des données se fera à l’aide des satellites de communication de la constellation Globalstar.

Des détecteurs de particules internes équiperont également le petit satellite « afin de déterminer le dosage de radiations reçues par les composants électroniques » dans le but de « démontrer la viabilité du stockage de données à long terme en orbite terrestre basse ». Le dispositif sera présent dans l’espace seulement pendant cinq années avant que la friction atmosphérique ne l’entraîne vers la surface de la Terre, occasionnant sa destruction.

Quoi qu’il en soit, un tel projet suscite de nombreuses critiques malgré les tentatives d’Asgardia de rassurer les inquiets. Certaines interrogations sont liées à des suspicions quant à la mise en place d’une arche isolée qui pourrait éventuellement devenir un paradis fiscal numérique géant. En tout cas, environ 200 000 personnes ont déjà rempli le formulaire de demande de citoyenneté en ligne, prêtant ainsi allégeance à ce nouveau pays au statut encore très vague.

Sources : Science AlertThe Daily MailMotherBoard