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Le déménagement, cet événement qui chamboule tout sur le plan émotionnel

Crédits : iStock

L’été est peut-être la période pour laquelle vous avez opté pour votre déménagement. C’est en effet une période de choix pour profiter du temps libre pendant les vacances ou ne pas perturber les enfants pendant l’année scolaire. Un déménagement est en effet un vrai chamboulement qui ne laisse pas les individus indemnes. Mais qu’est-ce qui rend les choses si difficiles au juste ?

Souvent, le déménagement est lié à un bouleversement dans une vie. Que ce soit un divorce, des problèmes d’argent et des dettes, le fait de vieillir et de se retrouver seul dans un « chez soi » devenu trop grand et vide ou d’autres raisons plus positives comme le fait que la famille s’agrandit ou de s’installer avec son partenaire… changer d’environnement n’est pas chose aisée pour « l’Homme [qui] vit d’habitudes », comme le dirait Charly Cungi, psychiatre.

La psychothérapeute Christine Ulivucci va plus loin et y voit une analogie avec d’autres événements troublants : « Un déménagement, au même titre qu’un décès ou un licenciement, réactive tout ce qui est lié à l’idée de perte. C’est un passage, un seuil à franchir. On quitte quelque chose de connu, on ferme définitivement une porte. » De nombreuses études ont d’ailleurs montré que le déménagement est la situation la plus stressante après la perte d’un être cher et la perte de son travail. En 2006, l’institut TNS Sofres avait réalisé une étude qui allait en ce sens, montrant que 76 % des 6 millions de Français qui déménagent chaque année ressentent un sentiment d’anxiété.

Les raisons de ce ressenti sont multiples selon Marie-Claude Gavard : « être projetés dans un environnement indifférent, à se sentir seul au monde. En changeant de cocon, nous voilà en effet contraints de “détisser” les liens relationnels et affectifs que l’on avait noués avec les commerçants du coin, les voisins, le gardien… Cela peut générer une angoisse identique à celle éprouvée par un petit enfant privé de repères. »

L’emménagement se transforme alors en voyage en terre inconnue et en conquête d’un nouvel espace avec tout l’aspect géographique que cela revêt, mais aussi le côté mental avec tout un nouveau paysage social à recréer de toutes pièces. Auprès de toutes ces personnes inconnues, on se sent moins « légitime » et notre statut social prend un coup, jusqu’à penser parfois que l’on n’est pas à sa place. Ces gens ne connaissent en effet rien de vous et de votre passé. Les remises en question sont fréquentes. Nous perdons une interconnexion avec un espace pour en créer une autre avec un nouveau lieu. Et cela crée une instabilité dont on a peur qu’elle ne se règle jamais avec le risque de sombrer dans l’isolation.

Outre une perte de repère où tout est nouveau, il y a aussi tout ce qui se passe en amont du déménagement, soit toute la phase de préparation qui stresse de par l’organisation que cela demande, mais aussi parce qu’en emballant, jetant, triant nos affaires on remue aussi de nombreux souvenirs plus ou moins agréables et que l’on dresse un bilan : « C’est une période de grande sensibilité. Trier, c’est forcément laisser une partie de soi. Cela explique d’ailleurs que beaucoup de personnes aient du mal à jeter : elles craignent d’être dépossédées d’elles-mêmes. »

La psychanalyste Virginie Megglé se montre néanmoins positive : « Progressivement, nous allons réinstaurer notre ordre et notre désordre. (…) Il faut savoir écouter la tristesse ou le sentiment d’abandon quand ils sont là. Car ils finiront par donner naissance à de nouvelles forces. » Et quand on lave ce nouveau lieu, qu’on y pose nos cartons et qu’on le décore à notre goût (comme pour chasser le souvenir des anciens propriétaires) et qu’on l’apprivoise, lui comme les gens qui nous entourent se transforment en nouveau départ et en renaissance. Alors quand vous surferez sur demenageur.com ou d’autres sites et vous organiserez en imaginant ce changement avec la boule au ventre, rappelez-vous aussi que du bon en ressortira forcément.

Sources : 1 ; 2 ; 3 ; 4