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Amazonie : les dommages collatéraux des barrages hydroélectriques

Le fleuve Amazone vu du ciel - Crédits : Wikipédia

Une étude internationale a pour but d’évaluer les impacts liés aux barrages hydroélectriques en Amazonie. Une échelle a été établie concernant les dommages causés par de grands barrages déjà existants afin d’évaluer les risques des édifices encore en projet.

Cette étude publiée dans la revue Nature (PDF en anglais/11 pages) réunissant des spécialistes des quatre coins du monde a été coordonnée par Edgardo Latrubesse de l’Université d’Austin au Texas (États-Unis). Les chercheurs sont inquiets des conséquences des 428 barrages hydroélectriques en projet (soit trois fois plus qu’aujourd’hui) sur les affluents du plus grand fleuve du monde : l’Amazone.

Une échelle a été mise au point en fonction des dommages causés par des barrages déjà en place. En effet, un barrage ralentit l’écoulement de l’eau et entrave la bonne circulation des poissons, tout comme celle des sédiments. D’autres conséquences sont connues, telles que l’érosion des rivages et des rejets polluants qui se retrouvent jusqu’à l’embouchure du fleuve.

Un de ces affluents de l’Amazone est incarné par la rivière Madeira où deux grands barrages sont présents et naturellement pointés du doigt. Citons par exemple le barrage Jirau, datant de décembre 2016 et issu de la collaboration entre Petrobras et la société française Engie. Ce barrage aussi puissant que quatre réacteurs nucléaires fait partie des projets de développement économique du Brésil et 25 autres apparaîtront dans le futur sur cette même rivière.

Les chercheurs indiquent que l’impact de ce barrage sur les sédiments (limons) n’est pas assez pris en compte. Dans le cas où ceux-ci ne circulent pas correctement, cela peut entraîner l’érosion des côtes ainsi que la disparition de la mangrove (écosystème de marais), cette dernière étant un véritable havre de paix pour le développement des petits de certaines espèces.

Pour Edgardo Latrubesse, le projet de construction de 428 barrages sur les affluents de l’Amazone pourrait être dévastateur. La situation devrait d’ailleurs être pire dans la région densément peuplée du delta de l’Amazone.

Sources : France InfoSciences et Avenir