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Une substance produite par les moules pourrait nous permettre d’effacer les cicatrices

Crédits : iStock

Une substance collante sécrétée naturellement par les moules pourrait être utilisée pour « gommer » les cicatrices disgracieuses après les coupures accidentelles ou les opérations chirurgicales.

Lorsqu’elle est abîmée, la peau se reconstitue, mais garde généralement les traces du traumatisme. La peau commence par éliminer de la plaie les débris et les bactéries qui peuvent y être restées et la phase de réparation vient ensuite. Seulement la peau ne retrouve pas totalement son état initial. Les fibres de collagène (l’ingrédient clé pour la reconstruction des tissus cutanés) se développent dans le but de recouvrir la plaie, mais ne suivent pas les motifs de tissage de la peau. C’est pourquoi nous avons des cicatrices. Une façon de réduire les cicatrices est d’appliquer de la décorine, une protéine de la peau impliquée dans l’organisation du collagène. Mais parce sa structure physique est très complexe, il est difficile de la synthétiser.

Pour contourner ce problème, Hyung Joon Cha, de l’Université des sciences et de la technologie de Pohang en Corée du Sud et ses collègues, ont créé une version simplifiée de cette protéine. Ils ont en fait combiné une partie de la protéine de décorine avec une molécule de liaison du collagène et une substance collante sécrétée par les moules. La colle résultante fut alors testée sur des rats avec des plaies profondes de huit millimètres. La colle était répartie sur chaque blessure avant d’être recouverte d’un film plastique transparent. Les plaies des rats d’un groupe de contrôle étaient quant à elles recouvertes de plastique, mais sans colle.

L’expérience fut menée sur plusieurs jours. Au jour 11, 99 % de la plaie s’était refermée chez les rats traités comparativement à 78 % dans le groupe témoin. Au jour 28, les rats traités avaient complètement récupéré et n’avaient pratiquement plus de cicatrice visible. En comparaison, les rats témoins avaient des cicatrices épaisses et violettes (voir les images ci-dessous) :

Les blessures qui ont reçu le nouveau traitement (en bas) ont montré moins de cicatrices que le groupe témoin non traité (en haut). Crédits : Jeon EY, Choi BH, Jung D, Hwang BH, Cha HJ.

Une inspection plus approfondie sous microscope a par la suite confirmé que les fibres de collagène dans les plaies traitées étaient retournées à leur « arrangement » d’origine, d’où l’absence de cicatrices. La nouvelle peau a également développé des follicules capillaires, des vaisseaux sanguins et d’autres structures qui ne sont habituellement pas régénérées.

Il faudra cependant attendre les premiers essais cliniques avant de crier victoire. Un traitement efficace est en effet désiré puisque les gels de silicone, les stéroïdes, les bandages de pression, la cryothérapie et les traitements au laser souvent utilisés pour réduire l’apparence des cicatrices ne peuvent les effacer complètement. Seulement la peau humaine diffère de celle des rats qui est plus « souple ». En conséquence, cette nouvelle colle pourrait ne pas être aussi efficace chez l’Homme. La substance sera prochainement testée chez les porcs, dont la peau ressemble mieux à la nôtre.

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