in

Les scientifiques s’inquiètent de la croissance rapide des émissions de méthane

Montage : Sciencepost / Crédits : Global Carbon Project; iStock

Le méthane, second gaz à effet de serre le plus présent dans l’atmosphère après le dioxyde de carbone (CO2), voit son taux augmenter de plus en plus vite. Selon une étude récente, il y a de quoi s’inquiéter au moment où les délégations du monde entier préparent la COP23 pour la fin d’année.

La session annuelle de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) bat son plein à Bonn (Allemagne) depuis le 8 mai et pour une dizaine de jours. Le but ? Préparer la COP23 qui se déroulera au même endroit du 6 au 17 novembre 2017, mais néanmoins présidée par les îles Fidji, un état en première ligne, car directement menacé par la montée des eaux.

Il s’agit d’une occasion idéale pour évoquer un rapport élaboré par un comité de 72 chercheurs publié dans la revue Atmospheric Chemistry and Physics (PDF en anglais/39 pages). Le document évoque une augmentation très rapide de la présence de méthane (CH4) dans l’atmosphère terrestre et fait suite à d’autres publications traitant du même sujet. La première communiquait l’inventaire du méthane entre 2000 et 2012 et la seconde avait pour but de pointer le rôle toujours plus important du méthane dans le changement climatique.

Depuis 2007, il s’avère que la concentration de méthane dans l’atmosphère atteint chaque année au minimum cinq parties par milliard (ppb/an) et l’Agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA) indique des taux de 12,7 ppb/an en 2014 et de 9,45 ppb/an en 2016.

Ces chiffres démontrent que nous suivons actuellement le pire scénario formulé par le Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) prévoyant une augmentation de la température à la surface de notre planète entre 3,2 °C et 5,4 °C d’ici à la fin du siècle.

(Crédit image : Global Carbon Project)

Le fait est que bien que le méthane ne soit « que » le second gaz à effet de serre le plus présent dans l’atmosphère, ce dernier a cependant une capacité à réchauffer 28 fois plus importante que le CO2 ! Les négociations actuelles visant à préparer la COP23 de novembre 2017 n’évoquent quasiment pas les inquiétudes liées à ce gaz.

Ce n’est pas une raison valable, mais il faut savoir que les émissions de méthane sont compliquées à localiser et à mesurer puisque les sources sont nombreuses, tout comme les puits de stockage. On sait tout de même que première cause de sa production est la dégradation de la matière organique dans un milieu sans oxygène, un phénomène malheureusement bien naturel.

Le dernier inventaire mondial du méthane effectué par le Global Carbon Project, estime que si 36 % des émanations de méthane sont naturelles (zones humides, lacs, permafrost), 34 % sont d’origine anthropiques, issues à la fois de l’agriculture et de la gestion de nos déchets. Il faut également savoir que 19 % des émissions proviennent de l’exploitation du gaz de schiste.

L’humanité se retrouve donc devant un nouveau défi à relever parmi tant d’autres au niveau du le réchauffement climatique, mais il semble que celui-ci ne soit pas franchement plébiscité en pleine préparation de la COP23.

Sources : ReporterreLe MondeLa Tribune