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Pour la première fois, une I.A va intervenir dans les décisions relatives à la libération de suspects

Crédits : iStock

Des policiers du nord-est de l’Angleterre vont se faire aider dans la décision parfois ardue de relâcher un suspect. Cette aide ne viendra pas d’un psychologue ou d’un autre spécialiste, mais d’une intelligence artificielle qui évaluera les risques encourus en lien avec la libération de tel ou tel prisonnier.

Les prisons britanniques ont un peu le même souci que les prisons françaises puisqu’elles doivent faire face à une surpopulation carcérale. Cependant, lorsqu’il s’agit de libérer un détenu, il faut tout de même tenter d’évaluer si ce dernier représente des risques pour la société.

Dans trois mois, les policiers de la ville de Durham (50 000 habitants) seront assistés dans ce type de décision par un Outil d’évaluation des risques de préjudices (HART) qui va donner son avis sur la libération de suspects en attente de leur procès sur la base de données obtenue entre 2008 et 2012.

Ces données seront traitées par un algorithme qui classera les détenus selon trois catégories en fonction du risque, à savoir faible, moyen ou élevé. Déjà testé en 2013, HART a fait l’objet d’une analyse des premiers résultats. Lorsque celui-ci a indiqué un risque faible pour certains individus, ces derniers n’ont pas enfreint la loi en attente de leur jugement dans 98 % des cas. Les individus ayant été désignés comme représentant un risque fort ont en revanche bien violé la loi, et ce, dans 88 % des cas.

La nouvelle a été publiée par la BBC qui a également déclaré que pour les risques forts, la précision s’est révélée plus faible puisque HART a été conçu afin d’éviter le plus possible de relâcher un suspect susceptible d’enfreindre à nouveau la loi.

Évidemment, une telle invention pose de sérieuses questions ethniques. L’idée même qu’un logiciel puisse choisir s’il faut libérer un suspect ou non laisse perplexe surtout qu’une polémique a eu lieu aux États-Unis en 2016 à propos d’un type d’algorithme similaire. Celui-ci avait été accusé d’être plus clément avec les individus blancs que les personnes d’autres origines.

Les créateurs de HART rappellent que l’algorithme n’est pas destiné à prendre lui-même la décision de libérer un suspect, mais a pour but de donner un simple avis, une recommandation. Ils estiment également que le logiciel intègre de nombreux facteurs afin d’évaluer les risques et que les données ne concernent que la ville de Durham.

Sources : BBCLe Huffington Post