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La « poubelle nucléaire » des États-Unis en état d’urgence après un incident au niveau du tunnel

Crédits : iStock

Considéré depuis une vingtaine d’années comme la « poubelle » nucléaire des États-Unis, le complexe nucléaire d’Hanford a été le théâtre d’un incident le 9 mai 2017, ayant occasionné le confinement de milliers d’employés du site. Aucune fuite radioactive n’a été constatée, mais l’incident a tout de même contraint les autorités à interdire le survol de la zone.

Le complexe nucléaire de Hanford est situé le long du fleuve Columbia, dans l’état de Washington à près de 300 kilomètres de la ville de Seattle. Couvrant une superficie de 1.518 km² (15 fois la ville de Paris), le site est devenu en 1996 le plus grand site de stockage de déchets nucléaires des États-Unis, rassemblant un tiers du total que contient le pays.

Ce mardi 9 mai 2017 à 8h38 heure locale, la direction du complexe a demandé aux 5000 employés présents de se confiner, de couper toutes les ventilations et également d’éviter de boire et manger. Selon un communiqué du bureau du Gouverneur de l’état de Washington, « Il y a des inquiétudes à propos d’un affaissement dans le sol couvrant un tunnel ferré près d’une ancienne installation de produits chimiques ».

Alors que le site contient des substances contaminées, aucune fuite n’a été signalée pour le moment et aucun blessé n’a été déploré. Dans l’après-midi le même jour, les employés n’ayant pas de haut degré de responsabilité ont été renvoyés à leur domicile.

« L’affaissement dans le sol a été découvert lors d’une inspection de routine. Les tunnels font des dizaines de mètres de long et sont enfouis à environ 2,40 mètres sous le sol » affirment les autorités, évoquant un pan de terrain d’environ six mètres de côté affaissés au-dessus d’un tunnel, qui doit être comblé le plus rapidement possible par de la terre non contaminée. Le tunnel en question se trouve à proximité des infrastructures Purex, relatives à l’extraction de plutonium et d’uranium.

Il se pourrait que des travaux ayant actuellement lieu sur une route à proximité du tunnel soient à l’origine de vibrations ayant conduit à l’affaissement. Le dernier réacteur du complexe a été fermé en 1987, mais le site, plus grande zone d’accumulation de déchets nucléaires du pays, n’en est pas à son premier incident. En effet, en 2013, au moins six cuves de stockage souterraines ont fait l’objet de sérieuses fuites de déchets.

Jusque dans les années 1960, le site d’Hanford rejetait directement ses déchets dans la nature, plus précisément dans la rivière Columbia se trouvant non loin. Les autorités évoquent une quantité estimée à 3,8 millions de litres de boues radioactives, dont une partie a pénétré les sols. Le groupe français Areva est associé à la gestion du complexe depuis 2008, tandis que les autorités fédérales et l’État américain avaient conclu un accord en 1989 portant sur le nettoyage des 177 cuves que compte Hanford. Coût de l’opération : 100 millions de dollars jusqu’en 2060.

« La crise en cours à Hanford (montre) que la gestion des déchets nucléaires n’est pas contrôlée » estime Kevin Kamps, porte-parole de l’ONG antinucléaire Beyond Nuclear, souhaitant insister sur la dangerosité du site.

Sources : Sciences et AvenirRadio Canada International