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Agriculture : qu’est ce que les semences hybrides F1 ?

Après la Seconde Guerre mondiale, le mode d’agriculture industriel américain a envahi l’Europe par le biais du maïs hybride. Aujourd’hui, les variétés hybrides F1 sont synonymes de standardisation, de dépendance des agriculteurs, une situation épineuse touchant même à la santé publique.

Une variété hybride est obtenue par le croisement de deux variétés A et B, chacune présentant des caractéristiques intéressantes que l’autre n’a pas. Cultivées à part l’une de l’autre, la seconde étape consiste à féconder A par B (croisement par fécondation dirigée) après avoir supprimé les étamines de A pour éviter son autofécondation. A est ensuite récoltée sur la semence AB de première génération également appelée F1 (première fécondation). L’année suivante, la semence F1 est semée puis une libre fécondation se produit permettant l’obtention d’une semence F2 qui sera cultivée durant des années.

Le travail du sélectionneur-semencier est de multiplier à l’infini ces semences afin de les commercialiser, le principal client étant l’agriculteur à qui l’on aura promis une grande productivité de la semence. Cependant, ces semences sont développées par et pour l’industrie et l’agriculteur se retrouve contraint de racheter sa semence stérile chaque année. De plus, ce dernier doit entre autres se résoudre à accepter l’augmentation du recours aux produits chimiques pour assurer sa récolte.

La population est alors directement impactée par des taux de molécules toxiques présentes à la fois dans les aliments et dans l’environnement. Les récoltes contiennent également plus d’eau au détriment du goût et de la qualité nutritive.

L’installation des variétés hybrides F1 en Europe a en grande partie détruit les savoirs ancestraux liés aux modes de culture, à l’organisation de l’espace agricole, allant même jusqu’à modifier les circuits allant de la production à la commercialisation, s’inscrivant dans une logique ultra productive et globalisée qui est celle en vigueur aujourd’hui.

Une sauvegarde des semences est perpétuée par quelques agriculteurs ci et là ainsi que par des associations favorisant l’échange de graines entre particuliers et ayant une fonction pédagogique afin de sauver la diversité et les savoirs anciens. L’association Kokopelli incarne par exemple cette forme de résistance à l’agriculture industrielle et aux grands semenciers.

Pour plus de précisions techniques, lire l’article paru sur le site de veille citoyenne inf’OGM.

Sources : inf’OGMGerbeaud