, ,

Un nouveau traitement contre le cancer fonctionnant grâce au suicide cellulaire ?

Crédits iStock

Une équipe de chercheurs annonce la découverte d’une nouvelle méthode de destruction ciblée des cellules cancéreuses exploitant un mécanisme naturel de suicide cellulaire. Une méthode qui pourrait être particulièrement efficace contre les formes agressives de la maladie comme le cancer du pancréas.

Un mécanisme nouvellement découvert mènerait les cellules cancéreuses à s’autodétruire selon une nouvelle étude. Une fois ce nouveau procédé activé par la modification de protéines bien spécifiques à l’intérieur du tissu cancéreux, la division cellulaire entraînant la maladie est alors stoppée, menant à la mort des cellules cancéreuses qui ne peuvent plus se répandre dans le corps. Et contrairement aux traitements actuels du cancer, très lourds et non ciblés, cette technique pourrait épargner les cellules saines. Pour le moment, les effets n’ont été observés que chez la souris. L’étape suivante consistera à déterminer si ce mécanisme peut également fonctionner chez l’Homme.

« Nous avions découvert dès 2009 que des molécules dérivées du phénanthrène (hydrocarbure aromatique dit tricyclique) tuent efficacement les métastases du cancer du sein qui ne réagissent pas aux thérapies traditionnelles », explique Malka Cohen-Armon de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, principale auteure de cette étude publiée dans la revue Oncotarget. « Nous avons ensuite examiné l’effet de ces molécules sur d’autres types de tumeurs malignes résistantes aux traitements, comme le cancer de l’ovaire, le cancer du côlon, le cancer du pancréas, une forme rare du cancer du cerveau et le celui du poumon, et constaté que ces molécules parvenaient à les détruire dans les 48 à 96 heures », poursuit la chercheuse. « En parallèle, nous avons constaté que la procédure ne cause aucun dommage aux cellules saines ».

Les chercheurs expliquent avoir examiné la réaction au phénanthrène de toutes les protéines des cellules connues pour être associées au processus de la division cellulaire. Ils sont ainsi parvenus à identifier un certain nombre de protéines spécifiques qui subissaient des modifications sous l’influence du phénanthrène dans les cellules cancéreuses, alors qu’elles ne lui réagissaient pas du tout dans les cellules saines.

« Dans un processus de division cellulaire normal, les chromosomes de la cellule mère se reproduisent de manière précise, les deux jeux de chromosomes générés s’alignant l’un en face de l’autre le long d’une “broche”, explique la chercheuse. “Les protéines que nous avons identifiées sont responsables de la construction de la broche et de l’agencement des chromosomes lors de la division. Dans les cellules cancéreuses, le phénanthrène perturbe leur activité, entraînant la formation d’une petite broche appauvrie et déformée avec des chromosomes dispersés. Pour éviter la division cellulaire anormale, la cellule va alors se ‘suicider’ : un mécanisme naturel d’autodestruction, qui se déclenche dans toute cellule qui ne se divise pas normalement”.

Après avoir examiné ce mécanisme dans des cultures cellulaires, les chercheurs l’ont testé sur des souris de laboratoire. La croissance tumorale a alors été interrompue et deux semaines plus tard, les tumeurs des souris traitées étaient beaucoup plus réduites que celles du groupe témoin resté sans traitement.

Nous pensons avoir identifié un nouveau mécanisme particulièrement efficace pour le traitement du cancer qui pourrait convenir à une variété de tumeurs malignes”, conclut la chercheuse. “Nous avons l’intention de développer des molécules qui interfèrent avec l’activité des protéines que nous avons identifiées, exploitant ainsi un mécanisme naturel d’autodestruction qui intervient en cas de division cellulaire anormale pour détruire les cellules cancéreuses agressives. Par la suite, nous examinerons comment utiliser ces molécules comme médicament pour les humains”.

Source