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Une immense fissure dans l’un des plus grands glaciers du Groenland inquiète

Gary Hoffmann/NASA

L’opération IceBridge, une mission aéroportée menée par la NASA, a capturé au cours de ces derniers jours une inquiétante et gigantesque fissure qui traverse l’un des plus grands glaciers du Groenland.

En examinant des images satellites, Stef Lhermitte, professeur à l’Université de technologie de Delft aux Pays-Bas, avait repéré quelque chose d’inhabituel dans le nord-ouest du Groenland. Il a ainsi transmis les coordonnées à la NASA qui a envoyé une mission aéroportée baptisée opération IceBridge pour survoler la région pendant plusieurs jours.

Les premières images transmises rapportent une fissure significative traversant le glacier Petermann (l’un des plus grands glaciers du Groenland) en son centre, ce qui soulève des questions sur la façon dont elle s’est formée. De plus, cette fissure n’est pas si éloignée d’une autre fissure beaucoup plus large et plus longue qui s’étend lentement vers le centre depuis l’une des parois latérales de cette plateforme du glacier. Si les deux cassures venaient à se croiser, cela pourrait provoquer l’apparition d’une gigantesque fragmentation et le détachement d’une « île » selon le Washington Post.

Kelly Brunt/NASA

Des précédents ont déjà eu lieu en 2010 et 2012 sur le glacier Petermann avec le détachement de deux îles. L’événement de 2010 était particulièrement important avec « une île de glace géante, quatre fois supérieure à la superficie de Manhattan » qui s’était détachée du glacier comme le déclarait alors Edward J. Markey, président du Comité sur l’indépendance énergétique et le réchauffement climatique. C’était alors le plus gros détachement d’un bloc de glace depuis cinquante ans. Ici, si une nouvelle île venait à se détacher du glacier, celle-ci pourrait faire plus de deux fois la taille de Manhattan.

Pour le moment, les chercheurs vont étudier cette faille et tenter de trouver l’origine de cet événement qui pourrait modifier à jamais le glacier Petermann, mais aussi participer grandement à l’élévation du niveau de la mer. Selon le CNRS, la fonte totale de l’Antarctique équivaudrait à une hausse du niveau de la mer de l’ordre de soixante mètres auxquels il faudrait ajouter la fonte du Groenland de l’ordre de sept mètres au minimum.