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Une origine génétique aux troubles d’anxiété sociale ?

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Un gène impliqué dans le transport de la sérotonine (un neurotransmetteur qui contribue au sentiment de bien-être) jouerait un rôle majeur dans le déclenchement des troubles d’anxiété sociale d’après une étude à paraître ce mois-ci dans la revue Psychiatric Genetics.

Les manifestations de l’anxiété sociale sont particulièrement handicapantes au quotidien. Un individu souffrant d’anxiété sociale redoute le jugement et le regard des autres, ressent une véritable angoisse lorsqu’il est en interaction directe ou indirecte avec d’autres personnes. Une panique profonde peut s’en suivre ainsi que différents symptômes particulièrement alarmants tels qu’une fatigue morale et physique, des angoisses chroniques, de la tachycardie ou encore des épisodes dépressifs.

Ces troubles sont encore mal connus et comme beaucoup de troubles de santé mentale, les chercheurs ignorent si la génétique joue un rôle ou comment l’environnement peut déclencher certains symptômes, ce qui rend la maladie particulièrement difficile à diagnostiquer et à traiter. Selon une étude récente, il semblerait néanmoins qu’un gène impliqué dans le transport de la sérotonine (un neurotransmetteur qui contribue au sentiment de bien-être) joue un rôle majeur dans le déclenchement de ces symptômes.

Pour obtenir un meilleur aperçu des gènes spécifiques liés à la condition, les chercheurs ont analysé les génomes de 321 patients atteints de TAS (troubles d’anxiété sociale) et ceux de 804 témoins sains en se focalisant notamment sur les SNP (polymorphisme nucléotidique ou polymorphisme d’un seul nucléotide), des sortes de changements singuliers semblables à des fautes de frappe qui représentent 90 % de l’ensemble des variations génétiques humaines.

Il y a environ 3 milliards de paires de base (ou blocs de construction) dans un génome humain et environ 10 millions de SNP dans chaque être humain. La tâche n’est pas simple, mais les dernières avancées faites en séquençage du génome permettent aujourd’hui d’étudier directement ces SNP. Ils ont alors découvert qu’un gène appelé SLC6A4 impliqué dans le transport de la sérotonine corrélait avec les patients atteints de SAD.

La sérotonine est un neurotransmetteur bien connu qui régule de nombreuses fonctions, y compris l’humeur, l’appétit et le sommeil. Il est aussi connu pour réprimer les sentiments de peur et d’humeur dépressive. La sérotonine était déjà soupçonnée de jouer un rôle important dans la phobie sociale et cette analyse corrobore les conclusions des études précédentes faites sur le même sujet

Les chercheurs espèrent maintenant continuer les recherches de manière à pouvoir diagnostiquer les patients plus tôt. Ils sont notamment à la recherche de personnes atteintes de SAD pour poursuivre les recherches génétiques. « Pour atteindre cet objectif, nous avons besoin de beaucoup plus de participants à l’étude qui souffrent d’anxiété sociale », explique Stefanie Rambau de l’hôpital universitaire de Bonn.

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