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Comment l’urine pourrait aider les astronautes à cultiver de la nourriture sur Mars

Le désir commun de se rendre sur Mars soulève de toutes nouvelles contraintes en termes d’autonomie. Ainsi, des scientifiques allemands travaillent à l’élaboration de moyens dans lesquels l’urine pourrait aider les astronautes à cultiver de la nourriture sur Mars.

Si aujourd’hui, la plupart des aliments destinés à l’alimentation des membres de l’équipage de la Station Spatiale Internationales sont amenés régulièrement depuis la Terre, les missions de plus longue durée et à plus longues distances telles que Mars auront besoin d’un approvisionnement alimentaire autonome.

Ainsi, au Centre aérospatial allemand (DLR), l’équipe du physiologiste végétal Jens Hauslage travaille sur la manière de cultiver des aliments directement dans l’espace en testant notamment actuellement un système qui implique un réservoir d’urine et un plant de tomate si l’on en croit la BBC

« La Terre est un système biologique fermé avec les plantes qui produisent l’oxygène et la nourriture. Ensuite vous avez les animaux et microbes qui produisent tous les processus de dégradation dans le sol », explique Jens Hauslage. « Sans ces systèmes, aucun moyen d’assurer la vie durable à long terme ne sera viable ».

En utilisant de l’urine humaine et de l’urine synthétique, le physiologiste végétal mène des expériences en laboratoire pour tenter de recréer ce cycle. Par exemple, une expérience implique des colonnes d’urine remplies avec des pierres ponces. Dans les trous qui recouvrent les pierres ponces, on trouve des colonies de bactéries qui se nourrissent de l’urine et convertissent l’ammoniac présent dans celle-ci en nitrites et sels de nitrates : de l’engrais.

Le laboratoire contient plusieurs réservoirs d’urine, mais les odeurs ne sont pas désagréables, car l’urine se transforme rapidement en dioxyde de carbone et en ammoniac (sans compter sur les bactéries présentes dans les filtres). (Crédit photo : Richard Hollingham)

Plus tard cette année sera lancé un satellite comportant deux serres miniatures. Le satellite permettra de simuler la gravité lunaire pour les six premiers mois afin de tester le potentiel de culture des légumes sur la Lune avant de simuler la gravité martienne. Un total de seize caméras se chargeront de documenter le comportement des graines de tomates qui devraient germer et pousser sous ces serres. À l’instar des tests de laboratoire préalablement évoqués, ces cultures sous « serres-satellites » impliqueront des bactéries qui se nourriront d’urine synthétique, fournissant de l’engrais pour que les tomates puissent pousser.

Malgré un goût jugé quelque peu amer, les tomates produites dans leur laboratoire sont parfaitement comestibles. (Crédit photo : Richard Hollingham)

En cas de succès, ces serres pourraient être utilisées sur des bases lunaires ou martiennes pour fournir de la nourriture aux futurs équipages, explique Jens Hauslage dans un communiqué.