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Comment l’armée la plus puissante au monde voit-elle la guerre du futur ?

Des progrès technologiques viennent déjà alimenter les conflits armés. Cependant, dans un futur proche, quelle apparence aura la guerre ? Entre intelligence artificielle et manipulation génétique, il y a fort à parier que de nombreuses différences feront leur apparition.

L’armée américaine est depuis longtemps la plus puissante au monde et le restera encore un certain temps. Il y a peu, une branche du ministère américain de la Défense a été déclassifiée, il s’agit du Strategic Capabilities Office (SCO) ou Bureau des capacités stratégiques. Son directeur, William Roper, a récemment fait un exposé d’une heure donnant sa vision de la guerre du futur.

L’intéressé s’est exprimé le lundi 13 mars 2017 lors du South by Southwest Music Conference and Festival (SXSW), un festival regroupant de la musique, du cinéma et des médias interactifs. William Roper, qui s’est dit intéressé par le monde des jeux vidéo, a dépeint quelques ambitions imputées au SCO. Le moins que l’on puisse dire c’est que cela donne la chair de poule !

Selon William Roper, son bureau est « très actif dans ce domaine », imaginant diverses applications de réalité virtuelle telles que des marqueurs dans l’espace permettant de signaler à des membres de son groupe la présence d’ennemis qui se dissimulent ou encore l’apparition dans le champ de vision d’une petite carte du champ de bataille.

« Les jeux vidéo tentent d’imiter la guerre le mieux possible. Je ne serais pas surpris qu’on commence à faire la guerre comme dans les jeux vidéo, les capacités en termes de stratégie qui sont développées à haut niveau [par les joueurs] peuvent nous être précieuses. »

La guerre comme dans le passé ? Sûrement pas ! Le directeur du SCO imagine une ligne de front composée essentiellement de robots contrôlés par des hommes « en retrait ». Ceci prend du sens lorsque l’on considère qu’actuellement, les drones permettent déjà aux humains d’agir sur le champ de bataille sans y être directement. Pour William Roper, nous allons vers une automatisation de la guerre ou du moins d’une partie des tâches guerrières.

« Le drone tel qu’on le connaît aujourd’hui, qui fonctionne certes à distance, mais avec un pilote, n’est pas une idée nouvelle : le concept remonte à la Deuxième Guerre mondiale. Là, on va pouvoir déléguer la prise de décision. C’est une des choses sur lesquelles il faudra se pencher : la manière dont on fait de l’humain un bon quarterback [le “stratège” au football américain] d’une équipe de machines qui agissent de manière autonome sous sa supervision. »

Cependant, cette automatisation sera toujours supervisée par l’homme tout simplement parce que « nos cerveaux sont des processeurs qui détectent des schémas ou font du calcul de risque qu’on a du mal à faire faire à des ordinateurs. Il faut rassembler les deux ».

Durant son intervention, William Roper a évoqué la question des données qui seront toujours plus exploitées afin d’optimiser le fonctionnement des bases militaires, mais un autre élément le questionne, à savoir les manipulations génétiques :

« On ne sait pas ce que la modification génétique pourra faire. Faire un soldat parfait, lui donner des capacités qu’il n’a pas naturellement… Cela sera le “Far West” pendant un moment. Si on peut rendre les gens plus forts, plus rapides, doit-on pour autant le faire et jusqu’à quel point ? Mais on ne pourra pas éviter la question. »

Selon le directeur du SCO, cela dépendra des États. Il y aura ceux qui se poseront les bonnes questions éthiques et les autres qui n’en feront pas grand cas, n’hésitant pas à tenter de modifier des humains pour les améliorer.

Sources : WiredLe Monde