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« Un climat de guerre froide règne dans le cyberespace » selon un grand fabricant d’antivirus

Le cyberespace n’a jamais été autant placé au centre de questions toutes plus inquiétantes que les autres. Piratage en marge d’élections, attaques d’institutions étatiques ou encore liées à l’énergie. Devons-nous avoir de plus en plus peur d’Internet ainsi que des systèmes connectés et tout automatisés ?

Le géant de la protection des systèmes Eugène Kaspersky a donné une interview à l’AFP lors du congrès mondial des télécoms qui s’est déroulé à Barcelone du 27 février au 2 mars 2017. L’expert fait un point sur les nouvelles menaces et l’ambiance régnant dans le cyberespace.

Eugène Kaspersky rappelle que dans un contexte électoral, la menace cybernétique actuelle tend à influencer les résultats, et ce, par le biais du piratage d’adresses email destiné à la récupération de dossiers pouvant compromettre tel ou tel candidat. Un exemple ? La cyberattaque qui avait ciblé en juin 2016 le Parti démocrate américain, les États-Unis ayant accusé la Russie.

Cependant, il se pourrait que le risque concerne directement le résultat, car « les jeunes ne veulent plus forcément se déplacer dans un bureau de vote, mais ils pourraient participer aux élections si cela était possible depuis leur mobile », indique Eugène Kaspersky, un moyen qui verra sûrement bientôt le jour. Dans ce cas, si le dispositif n’est pas suffisamment sécurisé, le résultat pourrait être modifié par un pirate.

D’autres menaces planent notamment en ce qui concerne le monde de l’industrie ou pratiquement tout est automatisé et connecté. Les cibles sont multiples et concernent autant le privé que le public. La compagnie Saudi Aramco avait été attaquée en 2012 tandis qu’en 2016 le réseau électrique de l’Ukraine avait été touché. En 2007, une cyberattaque russe avait même ciblé l’Internet dans toute l’Estonie.

Et si le cyberespace était le terrain d’affrontements entre états ? Il semblerait que l’attaque russe sur le Web estonien en 2007 soit un cas qui restera unique et le restera sûrement. Selon Eugène Kaspersky, « nous ne connaîtrons jamais de cyberguerre, car les États ont conscience du fait que si un pays s’en prend à un autre, ce dernier répliquera et les conséquences seront également importantes des deux côtés. Cela crée une sorte de climat de guerre froide, à l’image de l’ère nucléaire. »

La cybercriminalité et le cyberespionnage sont la plupart du temps le fait de hackers, d’anciens ingénieurs talentueux ou autres visant justement des pays, des institutions ou encore des sociétés. S’il est compliqué de savoir d’où proviennent les attaques, les langues les plus utilisées sont l’anglais, le russe et le mandarin simplifié (chinois) pour le cyberespionnage et la cybercriminalité concerne principalement la Russie qui possède à la fois les meilleurs ingénieurs et les pires délinquants.

Sources : Ouest FranceLe Monde