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Sicile : de nouveaux lingots d’orichalque découverts au large !

Crédits : Wikipédia : Jastrow (2006)

Deux casques corinthiens et de nombreuses amphores, mais surtout plusieurs dizaines de lingots d’orichalque ont été retrouvés au fond de la mer Méditerranée non loin des côtes siciliennes.

Le terme « orichalque » a été abondamment employé par les auteurs archaïques comme le poète grec Hésiode à qui l’on attribue souvent l’écriture du Bouclier d’Héraclès. Cependant, il s’agit d’un métal légendaire composé de zinc et de cuivre avant tout associé au mythe de l’Atlantide décrit par le philosophe Platon au Ve siècle.

Le 10 février 2017, ce sont 47 lingots d’orichalque qui ont été récupérés au large de la Sicile près de l’ancienne colonie grecque de Gela, ils s’y trouvaient depuis près de 2500 ans. Ces lingots ont été datés au début du VIIe siècle avant J.C. Dans le même secteur, 39 lingots similaires avaient été repêchés en 2014 à une distance d’à peine 300 mètres de la côte.

Cette fois, la miraculeuse pêche a été effectuée par des plongeurs du département aéronaval de la Garde des Finances de la ville de Palerme. La presse italienne affirme que les précieux lingots pèsent entre 254 et 1340 grammes et leur taille varie entre 17 et 32 centimètres. Des planches de bois laissant penser à un navire marchand naufragé ont également été trouvées non loin.

Ce « cuivre des montagnes » mentionné par Platon était confectionné par les Atlantes, cette peuplade composés d’individus mi-dieux mi-humains vivant sur l’île avant que celle-ci ne s’enfonce dans l’océan comme la légende l’indique. Si certains associent l’Atlantide à la destruction de l’île de Santorin (mer Égée) au cours de l’éruption minoenne vers 1600 av. J.-C., d’autres pensent que celle-ci se trouvait plutôt du côté des Açores ou proche de Gibraltar.

Dans la Rome Antique, l’orichalque était un genre de laiton servant à frapper les sesterces, une monnaie qui avait cours sous le règne de l’empereur Auguste (dès 23 av. J.C). Des monnaies faites du même alliage ont été retrouvées chez un des peuples gaulois : les Arvernes.

« À cette époque, le zinc en tant que métal n’est pas encore connu et l’alliage d’orichalque alors employé était obtenu par le procédé dit de cémentation : du cuivre métallique en fusion était mis en présence de minerais de zinc et de charbon de bois
 pour faire acquérir à l’alliage ainsi constitué une couleur jaune très proche de l’or », explique Sylvia Nieto-Pelletier, la directrice adjointe de l’IRAMAT (au Centre Ernest-Babelon de l’université d’Orléans) qui a étudié ces monnaies.

Une question se pose : les Grecs et les Romains évoquaient-ils le même alliage en parlant d’orichalque ? Selon l’historien Robert Halleux, auteur de l’article intitulé L’orichalque et le laiton datant de 1973, il s’agit d’un « problème d’histoire des techniques, qui s’éclaire dans le cadre de la métallurgie du cuivre ».

Les premiers lingots remontés en 2014 avaient fait l’objet d’analyses spectrométriques de fluorescence à rayons X. Les résultats avaient révélé qu’ils étaient composés de cuivre (80 %) et de zinc (20 %) avec des traces de plomb, de nickel et de fer. Il n’a donc jamais été question d’un métal pur même si la légende dit le contraire.

Aujourd’hui, le laiton est le plus utilisé des alliages de cuivre, il sert à la production de tubes et tuyaux, de pièces de fonderie, de pièces mécaniques (engrenages) ou encore de la boulonnerie, de la robinetterie, des pièces de serrurerie, de quincaillerie, ainsi que des instruments de précision, des pièces d’horlogerie et bien d’autres.

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