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La première bombe atomique donne des indications sur la formation de la Lune

Le cratère de la première bombe nucléaire Trinity / AP

Des fragments de roches vitrifiées lors que l’explosion de la première bombe atomique en 1945 ont été analysés. Ces recherches viennent confirmer les théories concernant la formation du satellite de notre planète.

Le premier essai nucléaire de l’histoire a été effectué à Ground Zero, le 16 juillet 1945. « Trinity », la première bombe à fission était équivalente à 21 000 tonnes de TNT. Lors de son explosion, les conditions de pression et de température ont été très élevées. Ainsi, la couche de sable présente au sol a été transformée en un matériau radioactif vert et vitreux naturellement renommé « trinitite ».

Il en existe très peu d’échantillons aujourd’hui puisque ce site a été reconditionné à coup de bulldozers dans les années 1950, mais c’était sans compter sur les scientifiques de l’université de Californie à San Diego et de l’Institut de la physique du globe de Paris. Ces derniers ont pu réunir divers fragments à distances variées du point d’impact de la bombe (de 10 à 200 mètres) sur le site du désert d’Alamogordo (Nouveau-Mexique, États-Unis). Selon les résultats publiés dans la revue Science Advances le 8 février 2017, ces analyses permettent de mieux cerner la manière dont la Lune s’est formée.

(Crédit image : National Geographic)

Les chercheurs ont analysé ces fameux échantillons par le biais d’un spectromètre de masse. Ceux-ci contiennent d’importantes quantités d’isotopes lourds, mais pratiquement aucun élément dit « volatil » tel que le zinc et le chlore qui ont pourtant été vaporisés à cause des extrêmes températures. Cette absence d’éléments volatils est surtout remarquable parce que les échantillons analysés ont été récupérés à des endroits proches du point d’impact de la bombe.

Il s’avère que les fragments de roches prélevés sur la Lune dans les années 1960 et 1970 ont une composition chimique assez similaire. En effet, ces derniers contiennent eux aussi des isotopes lourds et très peu d’éléments volatils. Ainsi, ces recherches permettent de conclure que des réactions chimiques et des processus d’évaporation similaires à ceux d’une bombe atomique ont pu se produire au moment de la formation de la Lune, il y a 4,5 milliards d’années.

Ces analyses confortent ce que l’on appelle l’hypothèse de l’impact géant stipulant qu’un corps céleste (ou plusieurs) aurait percuté la Terre, générant une énorme explosion conduisant finalement à la formation de notre satellite. Selon James Day, principal auteur de l’étude, cela ne fait aucun doute : « Même si cette théorie était déjà largement acceptée, nous disposons à présent d’un élément empirique, expérimental, pour l’étayer. »

Sources : Phys.orgNew AtlasSciences et Avenir