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L’oxygène que nous respirons est-il cancérogène ?

Crédits : iStock

Nous parlons beaucoup dans les médias de la pollution de l’air qui serait source de maladies respiratoires et cardiaques. Cependant, il semblerait que l’oxygène composant l’air que nous respirons pourrait lui-même être cancérogène d’après une étude américaine.

Selon cette étude datant de 2015 relativement peu relayée dans les journaux, l’oxygène favoriserait certains cancers. Ces recherches ont été effectuées par Kamen P. Simeonov et Daniel S. Himmelstein, des chercheurs des universités de Pennsylvanie et de Californie à San Francisco, dont les résultats ont été publiés dans la revue Peer J.

Puisqu’il est question de l’air, il est intéressant d’évoquer le cancer du poumon touchant surtout les fumeurs bien qu’il s’avère que 10 à 15 % des personnes atteintes sont non-fumeuses. D’autres facteurs peuvent l’expliquer comme l’exposition à des sources cancérogènes comme l’amiante ou les particules fines (PM10, PM2, 5, PM1). Mais l’air que nous inhalons est composé en grande partie de diazote et de dioxygène et bien que ce ce dernier soit indispensable à la vie, il causerait pourtant la formation de radicaux libres dans notre corps.

Ces radicaux libres seraient responsables de dommages sur l’ADN et la structure des cellules. Les chercheurs ont tenté de comprendre si l’oxygène était vraiment nocif pour la santé, surtout qu’une progression du nombre de cancers chez les enfants ayant reçu de l’oxygène en complément durant leur période néonatale a été constatée.

Les chercheurs ont alors comparé la santé de différentes populations vivant à des altitudes variées. Il s’agit là d’un point de comparaison intéressant puisque l’oxygène est réduit à 88,7 % à 1000 mètres de hauteur, de 78,5 % à 2000 mètres ou encore de 69,2 % à 3000 mètres. En utilisant des données du National Cancer Instituite relatives à la période 2005 — 2009, les scientifiques ont comparé la situation de 250 comtés des États-Unis.

En moyenne, l’incidence du cancer du poumon baisse de 7,23 cas pour 100 000 personnes à une hauteur de 1000 mètres. Des deux paramètres importants jouant le plus sur le nombre de cas varient justement suivant l’altitude : la pollution et le rayonnement solaire. Il n’est donc pas vraiment question de désigner l’oxygène comme responsable dans ce cas.

Cependant, le lien entre l’altitude et d’autres cancers (sein, prostate, intestin) n’est pas le même. Un produit cancérogène inhalé moins présent en altitude pourrait expliquer ce lien, ce qui désigne l’oxygène comme coupable potentiel. Une hypothèse selon laquelle l’oxygène pourrait favoriser la production de radicaux libres et stimuler certains cancers a donc été formulée.

Sources : New York TimesEurekalertFutura Sciences