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Quelle est la différence réelle entre une bombe à hydrogène et une bombe atomique ?

Crédits : Wikipedia / Mount Redoubt

De par leur puissance meurtrière, les armes nucléaires sont particulièrement craintes, à juste titre. Atomique ou hydrogène, les deux bombes sont souvent mêlées sont en fait bien différentes. Mais en quoi, exactement ?

À ce jour, les seuls à avoir fait réellement usage de la bombe atomique sont les États-Unis lors du bombardement des villes japonaises de Hiroshima et de Nagasaki au cours de la Seconde Guerre mondiale. Près de 300 000 personnes périrent. Mais une bombe H est une bête complètement différente et potentiellement beaucoup plus destructrice. Selon les experts nucléaires, elle est jusqu’à 1 000 fois plus puissante qu’une bombe A.

Ces deux armes utilisent la technologie nucléaire. On distingue ensuite les Bombes « A » qui sont des bombes à fission nucléaire et les bombes « H » qui désignent les armes utilisant la fusion nucléaire. La bombe A fonctionne par l’éclatement d’atomes lourds. Ces derniers proviennent de matière instable telle que l’uranium 235 ou le plutonium 239 stockés dans la bombe. Lors de la réaction, chaque atome est divisé en deux générant une énorme quantité d’énergie se traduisant par une chaleur et un effet de souffle équivalent à plus de 15 000 tonnes de dynamite. C’est cette réaction chimique qui est canalisée dans les centrales nucléaires.

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La bombe H exploite quant à elle le processus de fission-fusion nucléaire. Il s’agit d’une bombe atomique classique à laquelle on rajoute une autre réaction chimique en bout de chaîne afin de décupler sa puissance. Son explosion se déroule donc en deux étapes. Tout d’abord, une première partie de la bombe va être le théâtre d’une explosion atomique classique. La hausse de température et l’énergie libérée vont alors déclencher la fusion nucléaire. Celle-ci consiste à faire fusionner des noyaux d’atomes de deutérium et de tritium (une version lourde de l’atome le plus simple du monde : l’hydrogène) pour former un noyau d’hélium. La réaction, accompagnée d’une émission de particules, aboutit à la formation de noyaux plus légers que la somme des deux noyaux « parents ». L’excès de poids est libéré sous forme d’une énergie quatre fois supérieure à celle de la fission.

Vous l’aurez compris, l’explosion de la bombe H est bien plus puissante que celle de la bombe A, cette première s’inspirant ni plus ni moins des réactions nucléaires opérées à l’intérieur de notre étoile et qui lui permet de nous éclairer et de nous chauffer à plusieurs dizaines de millions de kilomètres de distance. Elles sont différentes, certes, mais ne vous y trompez pas : les deux armes sont capables d’éradiquer toute vie sur la Terre.

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