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Quand l’archéologie prend un virage spatial pour faciliter ses découvertes

Crédits : iStock

Depuis toujours, l’archéologie s’est développée dans le sol, entre fouilles ciblées ou découvertes par accident. Désormais, la discipline dispose de nouveaux outils qui lui font franchir un palier : des outils satellitaires pour trouver les traces d’anciennes civilisations.

Les grottes de Lascaux ont été découvertes par quatre écoliers et un chien. Les restes momifiés de l’homme des glaces Ötzi, vieux de 5 300 ans, ont été découverts par des randonneurs au cœur des Alpes, à 3 210 mètres d’altitude. Les exemples de grandes découvertes archéologiques réalisées par accident sont nombreux, mais désormais, l’archéologie dispose de nouveaux outils qui vont lui permettre d’accélérer dans sa quête de découvertes tout en laissant moins de chance au hasard.

Prenons par exemple la recherche de l’ancienne cité perdue de Itjtawy, en Égypte. « La découvrir par accident serait l’équivalent de trouver une aiguille dans une botte de foin, les yeux bandés et en portant des gants de baseball », déclare Sarah Parcak, archéologue et fondatrice du Laboratoire pour l’Observation Globale à l’Université d’Alabama dans sa conférence TED Talk.

C’est elle qui a développé une manière de traiter des images par satellite avec infrarouge afin d’identifier les changements chimiques dans le sol causés par l’activité des civilisations anciennes. Elle a rapidement découvert des modèles encore inconnus, notamment l’ancien « chemin » du Nil et l’emplacement probable de l’ancienne cité perdue de Itjawy, capitale de l’Empire Égyptien entre 1985 av. J.-C et 1700 av. J.-C.

Rechercher des sites antiques avec cette technique représente une aubaine pour l’étude des anciennes civilisations. En effet, en 2011, Sarah Parcak a découvert plus d’une douzaine de pyramides perdues, plus de 1 000 tombeaux et 3 100 anciennes colonies d’Égypte en utilisant cette technique.

L’an dernier, une équipe d’archéologues menée par l’archéologue de la NASA Tom Sever a utilisé ces images par satellite pour localiser plusieurs anciennes colonies mayas alors masquées par la jungle profonde. Autre exemple, au cours du mois de juin 2016, Sarah Parcak et l’archéologue Christopher Tuttle ont utilisé cette technique pour localiser un énorme monument caché au cœur du très célèbre et très visité site de Petra, en Jordanie.

La semaine dernière, le Ministère afghan de la Culture et de l’information a annoncé avoir utilisé des satellites pour identifier pas moins de 5 000 sites anciens dans ce pays au cours de l’année tout juste écoulée. Le Ministère travaille à l’élaboration d’une carte des sites pour protéger ces derniers d’éventuels pillards.

Mais tout cela ne signifie pas que les découvertes au sol ou par accident ne sont plus nécessaires. Sarah Parcak a récemment lancé GlobaXplorer, un mouvement mondial dans lequel elle sollicite tous les amateurs d’archéologie intéressés pour aider les archéologues à localiser et identifier les sites antiques aussi rapidement que possible avant qu’ils ne soient détruits par la guerre ou par des pillards. « En construisant une plateforme citoyenne scientifique et en entraînant une armée d’explorateurs du 21e siècle, nous allons trouver et protéger l’héritage caché du monde, laquelle contient des indices sur la résilience et la créativité collective de l’humanité », écrit-elle sur le site.