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Un iceberg de la taille du Delaware est sur le point de se détacher de l’Antarctique

Crédits : Nasa

Une gigantesque masse de glace couvrant une surface de 5 000 km2, soit environ la taille de l’État du Delaware aux États-Unis, serait sur le point de se détacher de la banquise de l’ouest de l’Antarctique. Ce détachement pourrait engendrer l’un des plus gros icebergs jamais observés sur Terre.

Située à l’ouest du continent antarctique, la banquise « Larsen C » et son épaisseur de 350 mètres inquiète les scientifiques. Depuis des années, ces derniers surveillent une inquiétante crevasse formée dans cette zone. La faille, qui vient de s’agrandir brutalement, mesure aujourd’hui près de 150 km de longueur. Seule une vingtaine de 20 km de glace tient encore au continent. « Le détachement de l’iceberg est imminent », explique le Pr Adrian Luckman, voyant là « un événement géographique majeur qui va changer le paysage » de cette zone.

Crédits : Nasa

« Je serais surpris que cela ne se détache pas dans les mois à venir », continue le chercheur. Si tel est le cas, la fonte des glaces en Antarctique devrait provoquer « le détachement de l’un des plus gros icebergs jamais observés sur Terre ». La seule certitude, c’est que cette gigantesque masse de glace ne va pas causer de montée des eaux : la partie de la banquise qui devrait se détacher flotte déjà sur l’eau. Ainsi, la fonte de Larsen C ne contribuera pas directement à l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs, qui sont désormais certains que l’iceberg se détachera au courant de l’année 2017, s’inquiètent par contre du changement topographique que ce phénomène impliquera : en se détachant, l’antarctique va non seulement perdre 5000 kilomètres carrés de glace, mais de nouvelles fractures pourraient en effet se créer et donner lieu, de fait, à de nouvelles créations d’icebergs. Et si toute la glace retenue finit par pénétrer complètement les eaux, le niveau global des mers pourrait cette fois-ci augmenter de plusieurs centimètres.

En raison de l’incertitude entourant la stabilité de la plate-forme glaciaire, les chercheurs ont choisi de ne pas camper sur la glace cette saison. Sur ce même bout de banquise, Larsen C n’est en effet pas le premier à se détacher. Ses cousins Larsen A et Larsen B se sont émancipés des glaces respectivement en 1995 et 2002.

ADRIAN LUCKMAN / Swansea University

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